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Clôture du Canadien Pacifique: «On se bat contre un mur»

Photo: TC Media/Catherine Paquette

Anie Samson, la mairesse de Villeray – Saint-Michel – Parc-Extension, s’exaspère devant l’impossibilité d’ouvrir le passage piétonnier à la gare Parc, bloqué par une simple clôture appartenant au Canadien Pacifique (CP). Elle dit ne pas comprendre l’entêtement de la compagnie ferroviaire, qui refuse de retirer le grillage malgré les demandes répétées de Montréal.

À l’heure actuelle, les piétons doivent faire un détour par la rue Jean-Talon afin de se rendre dans le secteur de Castelnau, à partir de la station de métro Parc. Sans la clôture, l’accès au passage à niveau permettrait de circuler librement vers Parc-Extension.

Montréal a participé à de nombreuses séances de médiation devant l’Office des transports du Canada pour régler ses différends avec le CP, sans succès.

«Ce dossier est incompréhensible. On se bat avec un mur», se désole Anie Samson.

D’autant plus qu’à moins d’un kilomètre de là, dans le parc Saint-Roch, un autre passage pour piétons permet de traverser la voie ferrée sans difficulté.

Sécurité
Le CP invoquait l’an dernier des raisons de sécurité aux abords du passage à niveau du Parc. La compagnie devait réaliser une étude, mais la mairesse n’a jamais reçu le document.

«Le CP devait nous transmettre son rapport à l’automne. Et voilà qu’on apprend que l’étude n’a pas été effectuée», fulmine-t-elle. Ça fait huit ans qu’on travaille là-dessus, et ça ne marche pas, ça bloque. Si seulement on avait des raisons, mais on n’en a pas de la part du CP. On dirait qu’ils pensent avoir préséance sur tout le monde.»

Contactée par TC Media, la compagnie ferroviaire refuse de commenter.

«Le CP et la Ville de Montréal se sont mis d’accord pour tenter de régler leur désaccord quant aux passages piétonniers devant l’Office des transports du Canada, un processus qui est toujours en cours et qui est confidentiel», s’est contenté de répondre un relationniste du CP.

La ville-centre se veut rassurante.   

«Nous n’avons aucune indication que la démarche ne suit pas son cours et nous maintenons le contact avec le CP. Nous demandons toujours l’ouverture des passages à niveau dans des conditions optimales de sécurité, pour le bénéfice des piétons et des vélos», indique par courriel l’attachée de presse du maire Denis Coderre, Catherine Maurice.

Le maire a d’ailleurs récemment rencontré le nouveau ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, à Ottawa. «Le maire entend collaborer pleinement avec le nouveau ministre sur cette question», ajoute Mme. Maurice.

Développement
Mme Samson redoute que cette problématique nuise au développement du secteur de Castelnau, qui fait partie du Plan de développement urbain, économique et social (PDUES) de l’arrondissement.

«On attire beaucoup les entreprises jeunes. Pourquoi? Spécifiquement parce que c’est à côté du train, fait-elle remarquer. Il y a une grande demande pour des espaces liés au travail, mais les travailleurs qui voyagent en transport en commun doivent faire un grand détour. Quand on parle de développement durable, on repassera!»

Richard Hylands, propriétaire d’une tour à bureau de plus de 2000 employés située tout juste à côté de la gare, offre un service de navette à ses employés qui souhaitent se rendre de l’autre côté.

Il a également fait aménager une piste cyclable sur le devant de son bâtiment, donnant sur la clôture afin de montrer aux citoyens le ridicule de la situation.

L’homme d’affaires, à bout de ressources, fait aussi pression sur le CP, tout comme sur la Ville.

«Si pour eux c’était une priorité, ils auraient poussé davantage. C’est un droit pour la Ville de demander une traverse. C’est absolument un non-sens que la clôture soit encore là», clame-t-il.

En 2014, quelque 1,07 million de passagers ont transité par la gare Parc, selon les données de l’Agence métropolitaine de transport.

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