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Il faut savoir…

Osheaga
Le festival Osheaga en 2022 Photo: Archives Métro

OUTCAST n.m. (traduction libre): Se dit d’un élément qui détonne dans un environnement précis. Synonymes : pas rapport, pas à sa place, veux-tu ben me dire ce que ça crisse là…

Suis allé faire mon tour à Osheaga-l’incontournable en fin de semaine. Notre mini- Woodstock-sur-le-fleuve en formule améliorée. Trois jours de paix et de musique avec la particularité qu’ici, il y a suffisamment de comptoirs de bouffe et en masse de toilettes pour satisfaire tout le monde. Le détail n’est pas mince…

Pour tout dire, il n’y avait qu’une seule chose qui jurait dans le décor cette année à Osheaga et c’était moi. Ça faisait longtemps que je redoutais ce moment, mais là, BANG, j’ai reçu le coup de batte en plein front. Samedi, plus que jamais, je me suis senti tellement, mais alors là t-e-l-l-e-m-e-n-t outcast au beau milieu du beau monde dans le beau party. Inutile d’insister davantage, j’ai compris. Je me souviens encore trop bien du regard dédaigneux que je portais jadis sur ces papys «pseudo-cool» qui se permettaient de fouler mon espace. Pas question qu’on me fasse le même coup quelque 30 ans plus tard.

Quand tu scannes la programmation d’un festival et que tu ne connais pas le tiers des artistes, quand tu regardes autour de toi et que 9 personnes sur 10 pourraient être de ta descendance, quand tu as peur de salir tes culottes parce que tu veux te reposer au pied d’un arbre, quand t’as juste besoin de te reposer tout court… T’auras beau te patenter des histoires, la réalité, elle, demeure toute simple : c’est que t’es juste rendu de trop. Dans Le roi lion, ils appellent ça le cycle de la vie…

Même si tu passes ton temps à écouter de la pop indie, à tripper sur les nouveaux bands, à les trouver meilleurs qu’avant, il y a une chose que tu ne pourras jamais nier, c’est que vient le moment où tu dois désormais te comporter comme un observateur de la scène et non plus comme un acteur. De toute façon, rendu à mon âge, j’ai suffisamment donné dans les grands rassemblements. Et je n’ai plus vraiment envie de feindre l’étonnement quand on m’appelle Monsieur. Pas plus mauvais chum, si vous le permettez, je vais rentrer chez nous.

Ce week-end, je suis officiellement devenu vieux. Pas grave, c’est comme ça. Les kids étaient tellement beaux à voir aller à Osheaga, y z’ont absolument pas besoin de moi pour meubler le paysage. Je ne suis pas jaloux, je les envie. C’est pas pareil pantoute.

Maudite gang de chanceux…

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Aussi vu au show de Céline au Centre Bell : des préposés à la sécurité qui obligent des gens à s’asseoir parce qu’ils cachent la vue des voisins d’en arrière. C’est arrivé également au show de John Fogerty l’autre fois. Question : en sommes-nous rendus à interdire les accès de joie dans les gradins ? Avec toutte la schnoutte qui nous tombe dessus au quotidien, s’il y a un endroit au monde où l’on devrait encore avoir le droit de lâcher notre fou, c’est bien pendant un spectacle, me semble…

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Les Jeux Olympiques de Rio commencent cette semaine. Me sens comme pas trop concerné. Dommage, les Olympiques furent jadis un bon show. Là, je sens qu’on est pris pour attendre le premier scandale…

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Avez-vous quelque chose à ajouter sur le « débat » à propos de la liberté d’expression au Québec ? De mon côté, j’ai comme l’impression d’avoir tout entendu. Alors, là, vraiment tout…

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