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Climat: «il y a plusieurs théories», dit Bernier

Mélanie Marquis, La Presse canadienne - La Presse Canadienne

OTTAWA — Parce que le débat scientifique sur l’origine des changements climatiques n’est pas réglé, Maxime Bernier refuse de se mouiller et dire à quelle théorie il adhère. Et parce qu’il ne veut pas imposer ses vues sur l’avortement au caucus qu’il pourrait diriger, il ne veut pas dire s’il est pour ou contre.

Si le candidat à la direction du Parti conservateur s’emballe dès qu’il est question de gestion de l’offre, de subventions aux entreprises ou de libre marché, son niveau d’enthousiasme diminue si on tente de l’emmener sur le terrain des changements climatiques ou celui de l’avortement.

Ainsi, chaque fois qu’il a été invité à préciser à quelle enseigne il logeait sur ces deux enjeux lors d’une entrevue accordée au bureau parlementaire de La Presse canadienne un peu plus tôt cette semaine, le candidat de Beauce a poliment décliné.

Le député Bernier dit constater que «le climat est en train de changer» et veut développer des incitatifs fiscaux pour encourager les entreprises à innover en technologie verte afin de lutter contre les changements climatiques.

Mais lorsqu’on lui demande s’il pense que l’activité humaine contribue aux perturbations climatiques, il refuse de se commettre. «Ce que je vois, c’est qu’il y a plusieurs théories là-dessus», se contente-t-il d’offrir.

«Il y a des scientifiques qui disent que c’est 100 pour cent humain, d’autres scientifiques qui disent que le soleil a un rôle à jouer là-dessus. Je ne suis pas un scientifique, alors je ne me (prononce) pas», enchaîne M. Bernier.

Il fait montre d’une prudence similaire sur l’avortement.

Malgré l’insistance des journalistes autour de la table, «Mad Max» refuse à chaque fois de dévoiler sa position sur cet enjeu, laissant l’impression qu’il cherche à éviter de s’aliéner la frange de la droite sociale de son parti.

«Je ne vous dirai pas si je suis pro-vie ou pro-choix, insiste-t-il. Si je deviens chef de ce parti, je ne veux pas orienter mon parti avec mes convictions personnelles.»

Le Beauceron laisserait aux députés d’arrière-ban la liberté de déposer un projet de loi qui rouvrirait le débat sur l’avortement.

«Mais ça ne viendra pas du gouvernement, et ça ne fait pas partie de ma plateforme. La plateforme sera sur l’économie, l’économie, l’économie», insiste-t-il.

Maxime Bernier décoche au passage une flèche en direction de l’un de ses adversaires dans cette course à la direction.

«Je suis différent d’Andrew Scheer, qui a dit: ‘Je suis pro-vie, mais je ne veux pas rouvrir le débat’», peste-t-il au sujet de son rival de la Saskatchewan, qui a rallié dans son camp la majorité des députés du parti qui sont opposés à l’avortement.

En revanche, sur la question du mariage entre personnes du même sexe, l’élu du Québec est prompt à balayer du revers de la main la position d’un autre concurrent, Brad Trost.

Ce dernier avait mené bataille au congrès national du Parti conservateur, en mai dernier, contre la reconnaissance du mariage gai.

Heureusement, il n’a pas eu gain de cause, se réjouit Maxime Bernier.

«J’étais bien fier d’être conservateur et d’avoir réglé ce dossier-là au dernier congrès», signale-t-il.

L’élu conservateur a rencontré La Presse canadienne mardi dans le cadre d’une série d’entretiens que l’agence réalise avec certains candidats à la direction du Parti conservateur.

Le prochain chef de la formation sera élu le 27 mai à Toronto.

Maxime Bernier sur…

Lui-même

«Les gens savent que je veux un plus petit gouvernement, plus de liberté et des taxes moins élevées.

«Alors ils peuvent m’appeler un conservateur fiscal, ils peuvent m’appeler un conservateur qui croit en la liberté, ils peuvent m’appeler un libertarien raisonnable. Appelez-moi comme vous voudrez. Appelez-moi Max, appelez-moi Maxime, appelez-moi ‘Mad Max’, peut-être!»

Le coude-à-coude avec Kevin O’Leary dans les sondages

«Pour moi, c’est la meilleure personne actuellement pour être mon compétiteur, parce que je suis en compétition avec quelqu’un qui va donner un avantage de 100 sièges à Justin Trudeau s’il est élu (chef conservateur), parce qu’il y a à peu près 100 comtés au Canada où les francophones représentent une part importante de l’électorat, et M. O’Leary (unilingue anglophone) ne peut pas leur parler, et les membres du Parti conservateur sont conscients de ça.»

Les Autochtones

«C’est le tiers-monde dans les réserves, et c’est une honte pour le Canada. Le système est brisé. Il faut revoir la Loi sur les Indiens. (…) Je veux bâtir une nouvelle relation avec les Premières Nations dans les réserves en partant des droits de propriété. Ils ne peuvent pas être plus prospères s’ils ne peuvent acheter un terrain, acheter une maison, s’ils ne peuvent avoir une hypothèque sur une maison. Les droits de propriété, c’est la base.»

La marijuana

«Je suis pro-décriminalisation, et je suis ouvert à avoir le débat sur la légalisation de la marijuana. Mais comment je vais voter? Je ne sais pas. On va voir le projet de loi, il va être déposé (bientôt). Je vais lire le projet de loi et je vais décider comment je vote.»

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