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Barrette se sent «en exil» au Canada

Photo: Chantal Lévesque/Métro
Caroline Plante, La Presse canadienne - La Presse Canadienne

TROIS-RIVIÈRES, Qc — Le Québec doit relancer les discussions pour un jour signer la Constitution de 1982, ont largement convenu les membres du Parti libéral du Québec (PLQ) réunis samedi en conseil général à Trois-Rivières.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, est allé jusqu’à dire qu’il se sent actuellement «en exil» au Canada.

«Bien sûr qu’on se sent exilés au Canada parce qu’on n’en fait pas partie», a-t-il déclaré en mêlée de presse.

Il juge «malheureux» le refus du premier ministre Justin Trudeau d’aborder la question. «On ne peut pas balayer du revers de la main toute conversation sur le texte fondateur (…) Si le premier ministre du Canada n’a pas d’intérêt à la Constitution, c’est lourd de conséquences. M. Trudeau doit prendre acte du sentiment des Québécois et des francophones au Canada et amorcer une réflexion», a-t-il soutenu.

La nouvelle politique d’affirmation du Québec, présentée en grande pompe cette semaine par le premier ministre Philippe Couillard, définit le Québec comme une nation, une société distincte, à l’intérieur du Canada. Elle vise à «lever le tabou» et engager la conversation avec tous les Canadiens en vue d’éventuelles négociations constitutionnelles.

L’approche privilégiée est essentiellement pédagogique. Pas de couteau sur la gorge. Aucune échéance fixée. On veut surtout communiquer, convaincre et expliquer.

La démarche est rafraîchissante, a réagi le président de la Commission jeunesse du PLQ Jonathan Marleau, et vient rejoindre la nouvelle génération de milléniaux qui préfère le partage d’idées à la confrontation.

Le président du Conseil du Trésor, Pierre Moreau, a ajouté que cette discussion était tout aussi importante que celle, plus terre à terre, sur les «infrastructures».

Aussi sera-t-il possible de mesurer le progrès au fil des ans par le nombre d’ententes conclues avec le reste du pays, a renchéri le premier ministre. «Chaque fois que vous allez voir le Québec faire une entente avec une autre province canadienne, faire une entente avec le gouvernement fédéral sur des projets communs, vous pouvez dire que chaque fois, le Québec avance dans le Canada.»

Parité en 2018

Par ailleurs, lors d’un discours devant les quelque 300 militants réunis samedi, M. Couillard a affirmé vouloir atteindre la «zone de parité» aux prochaines élections.

Il aimerait que le nombre de candidates du PLQ en 2018 bondisse d’environ 10 points de pourcentage, pour atteindre au moins 40 pour cent.

«Il faut être en mouvement d’amélioration continue (…) On va demander à nos associations lorsqu’elles recrutent des candidatures possibles de tenir compte du fait qu’on veut s’approcher le plus possible de 40 pour cent de candidates», a-t-il maintenu, en ajoutant être conscient du fait qu’en 2017, les femmes s’occupent encore beaucoup de la maisonnée, ce qui peut être perçu comme un obstacle à la vie politique.

La députée Karine Vallières a d’ailleurs en mains un mandat d’initiative pour faire le tour de la question et proposer des pistes de solutions.

Militantisme d’abord et avant tout

Mais déjà, le PLQ fait face à un défi de taille en matière de recrutement et d’adhésion; le premier ministre a reconnu que les effectifs étaient en baisse constante depuis des mois.

Il croit cependant que tous les partis font face à cette réalité. «Il y a une certaine désaffectation, qu’on observe ailleurs également, sur l’idée. Pourquoi adhérer à un parti politique? C’est quoi le rôle d’un parti politique? Quel rôle vais-je défendre? Quel impact aurais-je dans les politiques du parti?», a illustré M. Couillard.

Après avoir tenu 13 consultations régionales, le PLQ a approuvé samedi une dizaine de modifications à ses statuts, notamment pour créer une nouvelle catégorie de membres, moins contraignante. Les «sympathisants» pourront dorénavant avoir accès à toutes les communications du PLQ, gratuitement, pendant un an. Ils pourront aussi participer aux évènements militants.

Un groupe de députés aura le mandat de sensibiliser les jeunes de plus de 16 ans à l’importance de l’implication politique.

Selon les derniers chiffres en circulation, le PLQ compte autour de 30 000 membres, comparativement à environ 11 500 membres pour la Coalition avenir Québec, 16 000 membres pour Québec solidaire et 90 000 membres pour le Parti québécois.

Dans un rapport sur le militantisme au PLQ en 2016, le président-sortant de la Commission politique, Jérôme Turcotte, avait indiqué que son parti comptait 37 000 membres en décembre 2015, ce qui représentait une chute de 15 000 membres en un an.

Le whip du gouvernement, Stéphane Billette, a déclaré que le PLQ avait perdu 40 000 membres en dix ans.

«Écoeurement» sur les questions d’éthique

Samedi, le président du Conseil du Trésor Pierre Moreau s’est dit «pas mal tanné» des articles établissant des «liens» entre le premier ministre Philippe Couillard et l’ex-ministre et organisateur libéral accusé de fraude, Marc-Yvan Côté.

Le premier ministre a passé la majeure partie de la semaine dans les câbles, affirmant mercredi «avoir tendu la main d’un être humain à un autre être humain», quand il a invité à sa maison en 2012 M. Côté pour l’aider à «relaxer», alors que celui-ci venait alors d’être éclaboussé par un reportage de l’émission Enquête de Radio-Canada.

M. Moreau a insisté: l’invitation de M. Couillard, qui n’était pas en politique à l’époque, n’avait rien d’un problème éthique. Les gens dans leur vie privée ont le droit de s’envoyer des courriels, a-t-il argué. Ceux qui ont soulevé la question, d’après lui, tentent de «créer un doute» dans l’esprit des gens, ce qui nuit à toute la classe politique.

Marc-Yvan Côté ne peut être banni du PLQ, comme le suggère la Coalition avenir Québec (CAQ), a-t-il dit, puisqu’il n’est même pas membre du parti.

Des militants libéraux ont ajouté craindre que les Québécois se «démobilisent». M. Turcotte a qualifié les articles sur les questions d’éthique et d’intégrité d’«ennuyeux» et de «tristes» car ils ne font pas avancer le débat public.

En entrevue avec La Presse canadienne samedi, le député de Chomedey Guy Ouellette a réitéré son «écoeurement» face aux fuites répétées de courriels confidentiels.

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