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Françoise David: «Ma plus grande force, mon authenticité»

Photo: Chantal Lévesque/Métro

Plusieurs Québécois ont découvert Françoise David lors du débat des chefs de Radio-Canada. Celle qui milite pourtant à la tête de Québec solidaire depuis 2006 est visiblement fière de sa performance, qui a changé le cours de sa campagne. Métro l’a rencontrée dans un petit bistro de sa circonscription de Gouin, où elle réside.

Pourquoi est-ce important pour votre parti que vous soyez appelée «porte-parole» et non «chef»?
Ça veut dire que je travaille dans un parti politique qui fonctionne différemment. Dans les autres partis, même si les délégués adoptent des positions en congrès, le chef de parti peut annoncer à la fin qu’il ne les défendra pas. Il a ce pouvoir-là et ça s’est déjà vu. Chez nous, lorsque le congrès prend position, les porte-parole sont tenus de mettre de l’avant ce qui a été choisi. Ce n’est pas à tout un congrès de se plier au désir du chef.

Quelle est votre plus grande force? Votre plus grande faiblesse?
Ma plus grande force est ma sincérité et mon authenticité. Ma plus grande faiblesse, c’est qu’il m’arrive souvent de douter de moi. Ai-je assez bien travaillé? Est-ce que je suis vraiment capable? Ces questionnements sont le lot de beaucoup de femmes.

Quel a été l’effet de votre participation au débat des chefs dans votre campagne?
Les gens me reconnaissent partout, encore plus qu’avant. Mon conjoint et moi ne pouvions déjà pas souvent prendre des marches santé sans que des gens nous approchent, mais là, c’est à tous les trois pas! Ça fait aussi qu’on a 600 pancartes sur des balcons dans le comté. C’est 150 de plus qui ont été ajoutées en une semaine. Finalement, ça nous a donné un élan dans le pointage, dans Gouin, mais aussi dans d’autres circonscriptions. Des indécis se changent en solidaires.

Vous avez été louangée par le chef du Parti libéral, et plusieurs commentateurs ont dit que votre montée servait sa cause. Est-ce que ça vous dérange d’avoir été instrumentalisée de la sorte?
Je prends ça avec un grain de sel. C’est de la bien petite politique qui ne m’intéresse pas. La stratégie des libéraux est grosse comme le bras. Ça ne fera changer d’idée à personne, car les gens veulent des débats intelligents. Sur le terrain, personne ne m’en parle. Tout le monde trouve ça anecdotique, et même déplacé.

Si vous êtes élue, quel est le premier projet de loi que vous allez présenter?
Il est prêt, c’est Pharma-Québec. Ce sera un régime universel et public d’assurance médicaments, ce qui veut dire que l’État devient le seul acheteur de tous les médicaments prescrits au Québec. En étant le seul acheteur, il aura un rapport de force dans les négociations avec les entreprises pharmaceutiques, et nous pourrons faire baisser les prix des médicaments. Nous mettrons aussi en œuvre, éventuellement, une entreprise publique de fabrication de médicaments génériques et de vaccins.

Quelles sont les principales mesures que vous voulez mettre en place pour Montréal?
Il y en a beaucoup, qui forment un tout. Mais si je dois en mentionner deux ou trois, ce serait tout d’abord de favoriser le transport en commun et de faire en sorte que moins de voitures entrent à Montréal. Deuxièmement, ce serait de construire plus de logements sociaux. Ensuite, ce serait de soutenir la culture. En dehors des grands festivals, il y a aussi une foule de petits organismes culturels qui tirent le diable par la queue.

Votre cadre financier est celui qui prévoit le plus de dépenses, mais aussi les revenus les plus élevés. Pouvez-vous nous expliquer comment vous seriez capable d’aller chercher plus de revenus que les autres?
Tout simplement parce que nous le voulons. C’est une question de courage politique. Par exemple, le Parti québécois ne propose aucune forme de taxation supplémentaires des grandes entreprises, des les entreprises bancaires et financières. Alors que nous, oui! On propose aussi une augmentation des redevances sur l’eau, avec une taxation par exemple de l’industrie de l’embouteillage, qui utilise l’eau du Québec en payant une minuscule redevance. Augmenter les redevances minières de façon importante, imposer davantage ceux qui ont de très hauts revenus, tout ça rapporte beaucoup d’argent. Va-t-on demander aux plus riches et aux grandes entreprises de faire leur juste part? La réponse, pour nous, c’est oui.


En rafale

  • Qu’est-ce que vous aimez le moins en campagne électorale?
    Le côté spectacle.
  • Y a-t-il un candidat d’un autre parti que vous admirez?
    Pauline Marois, pour sa persévérance.
  • Si vous ne faisiez pas de politique, que feriez-vous?
    Je serais engagée dans mille et une causes sociales.
  • Quel est le meilleur coup du dernier gouvernement?
    Il a haussé le salaire minimum à quelques reprises.
  • Quel est le pire coup du dernier gouvernement?
    Son obsession pour les énergies sales.

La première chose qui vous vient en tête lorsque vous entendez ces mots :

  • Jean Charest?
    Loi matraque 12.
  • Casseroles?
    Le doux son de la justice.
  • Plan Nord?
    Irresponsable.
  • Scrutin proportionnel?
    Oui, oui, oui, le plus vite possible.
  • Jacques Duchesneau?
    Lutte contre la corruption.

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