Une candidate du PQ reçoit un «briefing» en direct
LONGUEUIL, Qc — La nouvelle candidate du Parti québécois (PQ) dans la circonscription de Laporte, Annie Lessard, a eu droit à un baptême de feu, vendredi.
Elle a dû suivre un cours en accéléré, devant les caméras, sur la position de son parti en matière de port de signes religieux pour les éducatrices en service de garde.
C’est la question d’une journaliste, qui lui demandait de préciser si elle souscrivait à la vision péquiste à ce sujet, qui l’a forcée à se transformer en élève pendant un point de presse dans un parc de l’arrondissement de Saint-Hubert, à Longueuil.
La candidate, qui se greffe à l’équipe péquiste au jour 16 de la campagne électorale, a commencé par plaider qu’elle n’était «pas très au courant», son «vécu» étant en service de garde en milieu familial.
«Dans les garderies privées ou CPE (centres de la petite enfance), je pense qu’il faut quand même avoir un petit regard de réserve, peut-être pas avec une burqa, mais plus que ça… ça, c’est vraiment très personnel, je ne suis pas au courant», a-t-elle offert.
Une question de relance a incité le chef Jean-François Lisée, qui se tenait aux côtés de Mme Lessard, à lui venir en aide.
«Est-ce que tu veux que je résume notre position?», s’est-il enquis.
L’aspirante députée, qui a été vice-présidente et présidente intérimaire au Bloc québécois, a acquiescé. Mais elle a tout de même offert quelques commentaires avant de céder la parole au dirigeant du PQ.
«En milieu familial, c’est vraiment… comment je vous dirais… ma tenue vestimentaire, si je décidais d’être méga décolletée ou méga habillée (…) c’est le parent qui va venir chez moi qui va juger si ça convient», a-t-elle expliqué.
«On s’entend qu’il y a quand même une marge; on ne tombe pas dans le nudisme, là, on n’est pas rendu là», a enchaîné Mme Lessard.
Alors, à l’aise ou pas avec la position du PQ?
Pour lui permettre de répondre en connaissance de cause, le chef Lisée lui a expliqué quelle était la posture péquiste, lâchant au passage qu’elle n’avait «pas eu son briefing de la candidate encore».
«Ceux qui sont déjà à l’emploi et qui portent un signe religieux ont un droit acquis. Pour les futures embauches, on dit: « Écoutez, le code vestimentaire a changé. Vous ne pouvez plus, pour les nouvelles embauches, avoir de signes religieux ou de convictions si vous êtes à l’emploi d’une garderie installée »», a-t-il résumé.
La candidate a demandé des précisions.
«Mais mettons… la petite croix ou la grosse? C’est parce que c’est relatif ça, encore. Si j’ai un petit tatou(age) moi, caché…»
«Apparent», a spécifié son chef.
La candidate a repris son souffle, et un moment pour y réfléchir.
«J’appuie le parti. Je suis à l’aise avec la position du parti», a-t-elle finalement lâché.
Équipe complète
Dans le comté de Laporte, Annie Lessard a remplacé au pied levé Barbara Guy, qui a annoncé en pleine campagne qu’elle se désistait parce qu’on lui avait offert «un mandat professoral plus important» que prévu.
Avec cette entrée en scène, l’escouade péquiste est désormais complète en vue du scrutin du 1er octobre.
Jean-François Lisée s’est réjoui d’avoir réuni autour de lui 41 pour cent de candidates féminines parmi ces 125 personnes qui convoitent un siège à l’Assemblée nationale.
Il a signalé qu’il comptait annoncer sous peu l’identité de la personne qui portera les couleurs de son parti dans la circonscription de Beauharnois, qui est orpheline de candidat depuis le retrait de Guy Leclair un peu plus tôt cette semaine.
Le député sortant est parti après qu’il eut été révélé qu’il était sous le coup de deux chefs d’accusation pour conduite avec les facultés affaiblies et refus d’obtempérer à un ordre d’un agent de la paix.