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Préposés aux bénéficiaires : la FSSS-CSN lance un «cri du coeur» auprès de Québec

Préposés aux bénéficiaires : la FSSS-CSN lance un «cri du coeur» auprès de Québec
Photo: Pablo A. OrtizJeff Bagley, président de la FSSS-CSN.

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) sonne l’alarme et réclame au gouvernement provincial de prendre des mesures «urgentes et énergiques» pour corriger les problèmes auxquels font face les préposés aux bénéficiaires.

«C’est possible d’améliorer la qualité des soins, s’il y a un minimum de volonté politique», a déclaré le président de la FSSS-CSN, Jeff Begley, dimanche matin lors d’un forum des préposés aux bénéficiaires.

La centrale syndicale en a profité pour dévoiler les résultats «frappants» d’un sondage menés auprès de plus de 8500 préposés aux bénéficiaires.

À titre d’exemple, le sondage a révélé que seulement 16% des répondants indiquent réussir à donner un minimum d’un bain par semaine à tous les résidents qui sont dans leur charge de travail, alors que 60% ont avoué devoir faire des compromis sur la qualité de leur travail.

Parallèlement, le nombre de bénéficiaires confiés à un préposé durant un quart de travail peut varier entre six et seize, selon 61% des répondants. Or, ce chiffre peut atteindre 100 ou même 200 dans certains contextes.

«On n’est peut-être pas rendus encore à une rupture absolue de services, mais on a atteint cependant une rupture de la qualité des services, et les statistiques le démontrent», a indiqué le vice-président de la CSN, Jean Lacharité.

Le sondage a également illustré que 74% des préposés vivent de la détresse psychologique, dont plusieurs sont au bord de l’épuisement généralisé, et 80% vivent de la grande fatigue physique et mentale à la fin de leur quart de travail.

«Les résultats sont vraiment inquiétants pour la santé des préposés. Il est important d’agir», a déploré une préposée aux bénéficiaires, Caroline Hardy.

Solutions rapides
Aux yeux de M. Lacharité, les sommes allouées par le gouvernement caquiste sont «plus importantes que ce qui était connu dans le passé, mais toujours pas suffisantes pour corriger la situation».

«Il faut aussi embaucher, il faut aussi une modification des conditions de travail. Il faut revaloriser la profession», a-t-il martelé.

Au total, 90% des répondants au sondage ont identifié le manque de personnel et l’alourdissement des bénéficiaires comme les problèmes principaux.

Du même avis, M. Begley a estimé que les investissements sont nécessaires, mais que d’autres solutions sont disponibles pour améliorer les conditions de travail des préposés aux bénéficiaires, et par le fait même, les soins et services accordés aux patients.

Il a illustré que des solutions pourraient même être réalisables «dès demain matin», comme le fait d’inclure les préposés aux décisions.

«C’est hallucinant de voir que les gens qui sont le plus auprès des patients, dans les CHSLD notamment, qui sont les personnes les plus souvent absentes des réunions d’équipe de soins. Ils voient tout ce qui se passe. Ça ne coûterait pas grand-chose et ça amènerait une amélioration rapide de la situation», a-t-il estimé.

Dans le sondage, plus de 65% des répondants ont affirmé qu’ils aimeraient pouvoir participer aux décisions qui ont un impact sur leur travail.