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13:59 25 février 2020 | mise à jour le: 7 juin 2021 à 15:20 temps de lecture: 5 minutes

Recyclage: 475 000$ pour un état des lieux sur les plastiques

Recyclage: 475 000$ pour un état des lieux sur les plastiques
Photo: AP/Vincent ThianOttawa a l'intention d’interdire les plastiques à usage unique à partir de 2021. 

Ottawa accorde 475 000$ à six «joueurs clés» des secteurs de l’alimentation, des boissons et de l’emballage pour créer le Groupe d’action des plastiques circulaires (GAPC). D’ici octobre 2020, le nouvel organe aura pour mandat d’élaborer «une cartographie de la chaîne de valeur du recyclage» et de mettre sur pied des projets pilotes pour optimiser la gestion des plastiques.

«L’enjeu du recyclage des plastiques en est un qui préoccupe de plus en plus la population. Et ce projet envoie un signal très encourageant d’un pas dans la bonne direction et d’une volonté commune de recherche de solutions concrètes», a illustré mardi la présidente de RECYC-Québec, Sonia Gagné, dont l’organisme fournira aussi un soutien financier.

Du recyclage circulaire

Cascades, Danone, Keurig, Dr Pepper, Transcontinental et l’Association canadienne de l’industrie des plastiques (ACIP) feront partie du nouveau comité qui veut «favoriser l’économie circulaire». Le Centre de transfert technologique en écologie industrielle (CTTEI) du cégep Sorel-Tracy rendra des ressources disponibles. Tout comme Éco Entreprises Québec et le ministère de l’Environnement du Québec.

L’objectif serait de miser sur une «meilleure adéquation» entre les besoins du marché et la réalité des centres de tri.

«Le plastique doit non seulement être mieux récupéré au Canada, mais surtout il doit être recyclé dans une perspective d’économie circulaire. Notre volonté est que l’ensemble des plastiques puisse être recyclés localement», affirment les membres du GAPC dans une déclaration. Pour renverser la tendance, les centres de tri devront être «mieux épaulés», disent les entreprises.

À Montréal, le groupe Rebuts solides canadiens (RSC), qui gère deux centres de tri dans la région, s’est placé début février sous la protection légale, alors que la fermeture de ses infrastructures semble imminente.

«Pas suffisant», disent des écologistes

Joint par Métro, le directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED), Karel Ménard, soutient que le geste est loin d’être suffisant.

«Le recyclage ne règle pas tous les problèmes. Si on veut faire une vraie politique pour s’attaquer au problème du plastique, il faut penser à la réduction à la source, et trouver des vraies alternatives. Ça veut dire revoir nos emballages, et se questionner sur leur utilité», explique-t-il

«Les détaillants en alimentation proposent d’autres façons de produire, mais ils ne font que déplacer le problème. La production de plastique va exploser d’ici 30 ans. Le recyclage ne sera plus qu’un pansement sur une plaie ouverte.» – Karel Ménard, porte-parole du FCQGED

Même son de cloche pour la chargée de la campagne Océans et Plastiques chez Greenpeace, Agnès Le Rouzic, pour qui le système du recyclage est «brisé».

«Il y a une crise profonde au Canada et dans le monde depuis que la Chine a fermé ses portes et que d’autres pays ont resserré leurs critères d’importation, argue-t-elle. Cette annonce est peut-être positive dans l’immédiat, mais elle doit être transitoire. On ne peut plus continuer à produire autant de plastiques. Il va falloir fermer le robinet, car c’est avant tout un problème de surproduction.»


Le Publisac en toile de fond

Appelé à réagir, l’instigateur du mouvement Antipublisac, Charles Montpetit, abonde relativement dans le même sens.

«Ce n’est pas en cartographiant la chaîne de recyclage qu’on va régler le problème. Ça me semble purement théorique», dénonce-t-il.

Le Montréalais est à l’origine d’une pétition de plus de 15 000 signatures réclamant un meilleur encadrement des Publisac. En plus de militer pour le remplacement du plastique par du papier, son groupe demande que les circulaires ne soient distribuées qu’à ceux qui le souhaitent.

«Dans le cas des circulaires, le problème n’est pas la circularité du système, mais bien le mélange du papier et du plastique. On demande à toute la population québécoise de trier tout ça pour ensuite le remettre dans la chaîne. C’est complètement absurde», plaide-t-il.

Début décembre, la Commission municipale chargée d’étudier le dossier à Montréal allait exactement dans le même sens. Le groupe a déposé ses recommandations à la Ville hier, au conseil municipal.

François Olivier, le président de Transcontinental, qui distribue les Publisac, pense tout autrement pour sa part.

«C’est en posant des gestes concrets comme celui-ci, qui a pour but de créer un marché local stable pour valoriser les plastiques, qu’une économie circulaire peut se construire dans le cadre d’une transition écologique», précise-t-il.

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