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12:06 3 juillet 2020 | mise à jour le: 3 juillet 2020 à 13:18 temps de lecture: 4 minutes

Compostage: des bacs bruns à l’échelle du Québec d’ici 2025

Compostage: des bacs bruns à l’échelle du Québec d’ici 2025
Photo: Archives MétroUne somme de 31 M$ sera réservée à l’installation de ces bacs bruns.

Toutes les villes du Québec auront accès aux «bacs bruns» de compostage d’ici 2025, alors que les commerces, industries et institutions se verront aussi donner plus de ressources pour revaloriser leurs matières organiques. Le gouvernement allonge 1,2 G$, dont 450 M$ disponibles «dès maintenant», pour accélérer la mise en place des infrastructures nécessaires et réduire la quantité de déchets dans les dépotoirs.

«Il n’y a pas de solution unique à la grandeur du Québec. C’est le fruit d’une très longue consultation dans les derniers mois, avec une quarantaine d’intervenants mobilisés. Les municipalités sont de loin les premiers partenaires de cette stratégie», a expliqué le ministre de l’Environnement, Benoit Charrette, lors d’une mêlée de presse tenue lundi au Complexe environnemental de Saint-Michel (CESM).

Une somme de 31 M$ sera réservée à l’installation de ces bacs bruns. Jusqu’ici, seulement la moitié des municipalités avaient accès à la collecte des matières organiques. Le gouvernement Legault veut aussi implanter, dans le même délai, un système de compostage dans tous les commerces et les institutions. L’objectif est de recycler 66% de la matière organique d’ici 2030, et ainsi de réduire de moitié la quantité des déchets de table dans les sites d’enfouissement.

Le Programme de traitement des matières organiques par biométhanisation et compostage sera notamment bonifié de 308 M$. Québec augmentera aussi à 30$ la tonne le coût d’élimination des matières résiduelles pour «décourager l’élimination dans les sites d’enfouissement sans qu’il n’y ait valorisation». Ces redevances étaient actuellement de 23,51 $; la hausse engendrera donc des revenus supplémentaires d’environ 192 M$ pour les municipalités.

«Ça nous permettra de réduire 270 000 tonnes d’équivalent de CO2, ce qui représente l’équivalent de retirer 77 000 voitures sur nos routes. La portée environnementale est bien réelle.» -Benoit Charette, ministre de l’Environnement

Montréal veut avancer «rapidement»

Appelé à réagir, le responsable des dossiers d’environnement à la Ville de Montréal, Jean-François Parenteau, soutient que cette annonce «vient répondre à un réel besoin». «Les commerces et les institutions ont des devoirs envers les générations futures, et celui de la valorisation des matières organiques en est assurément un. C’est un pas nécessaire», juge-t-il.

L’administration Plante, qui planche actuellement sur la construction de deux centres de traitement des matières organiques, affirme que ces nouveaux budgets lui permettront «d’avancer plus rapidement, même si les défis seront toujours importants». «Présentement, il en coûte davantage de revaloriser les matières organiques que de l’envoyer à l’enfouissement. C’était primordial d’inverser cette tendance», ajoute M. Parenteau, applaudissant les nouvelles redevances de 30$ la tonne.

«Valoriser au moins 70% des matières organiques d’ici 2030, c’est atteignable si nous mettons tous les efforts requis pour y arriver.» -Jean-François Parenteau, de la Ville de Montréal

À l’Union des municipalités du Québec (UMQ), la présidente Suzanne Roy affirme qu’il ne faudra pas «perdre de vue» le rôle des villes dans ce nouveau programme. «Nous sommes sur le terrain, nous connaissons les besoins et les difficultés. La formule est gagnante et elle peut se répéter, mais nous avons besoin de financement stable», souligne-t-elle.

Le citoyen, premier responsable

Pour le président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Jacques Demers, c’est surtout le citoyen qui fera la différence, au bout du compte.

«Le citoyen est le joueur le plus important dans l’équation. C’est lui qui va décider dans quel bac il met son produit. C’est beau de faire des discours, mais il faut le prouver.» -Jacques Demers, de la FQM

Même son de cloche pour la directrice de Recyc-Québec, Sonia Gagné, dont l’organisme touchera une subvention de 20 M$ pour coordonner ces nouvelles mesures. Le groupe lancera «dès aujourd’hui» des appels à propositions partout au Québec pour soutenir des projets «qui visent la revalorisation des matières organiques» dans le secteur des industries, notamment.

«On va aussi réaliser des activités de formation, de sensibilisation et d’éducation auprès des citoyens et des entreprises afin qu’elles emboitent le pas, avec une enveloppe de 5 M$», a promis Mme Gagné.

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