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17:55 21 juillet 2020 | mise à jour le: 22 juillet 2020 à 16:10 temps de lecture: 4 minutes

Logement: la location à court terme écope, la banlieue sort gagnante

Logement: la location à court terme écope, la banlieue sort gagnante
Photo: Josie Desmarais/MétroUn immeuble de l'arrondissement Le Plateau-Mont-Royal en location à court terme sur Sonder.

La crise du coronavirus pourrait avoir pour effet de diminuer la valeur des unités de logement mis en location sur des plateformes de type Airbnb en plus d’inciter plus de citoyens à quitter les grands centres pour s’établir en banlieue.

C’est du moins ce qu’anticipe Statistique Canada dans un rapport publié mardi qui détaille les répercussions de la crise sanitaire sur le marché du logement dans les principales villes du pays, incluant Montréal.

C’est d’ailleurs dans la métropole québécoise que la hausse de la valeur des propriétés était la plus forte avant le début de la pandémie avec une croissance d’environ 8% au premier trimestre, par rapport à la même période l’an dernier. L’écart commençait ainsi à se rétrécir avec Toronto, où cette croissance atteignait alors 6,5%, contre 4,3% à Victoria et 4,4% pour la moyenne des six plus grandes villes du pays.

La crise du coronavirus a toutefois eu l’effet d’une vague qui a bouleversé le marché du logement dès la mi-mars. Les mesures imposées alors par les différentes provinces ont entraîné une chute de 70% des activités de vente d’unités de logement dans les villes analysées de la fin mars au mois d’avril, par rapport à la même période l’an dernier. Une situation associée aux répercussions majeures qu’ont eu les mesures de confinement sur l’économie des provinces.

Location à court terme

La crise du coronavirus a d’ailleurs particulièrement affecté le marché de location de logements à court terme alors que la chute drastique du tourisme international a fait fondre la demande sur des plateformes de type Airbnb.

«Avant la pandémie, il y a eu une augmentation des locations à court terme, dans le cadre de l’afflux d’investisseurs achetant des biens immobiliers pour les louer sur des plates‑formes de location à court terme. Cependant, avec les restrictions en matière de voyage en place, de nombreux propriétaires offrant des locations à court terme ont maintenant de la difficulté à trouver des locataires», constate Statistique Canada.

Face à cette situation, plusieurs propriétaires ont dû opter pour des «solutions de rechange» pour réussir à rentabiliser ces logements, par exemple en mettant ceux-ci en vente. Une situation qui pourrait entraîner «une baisse des prix des appartements en copropriété» dans les principales villes du pays, anticipe l’organisme fédéral.

Impacts importants à Montréal

Le professeur d’urbanisme à l’Université McGill, David Wachsmuth, collecte d’ailleurs actuellement des données sur les impacts de la crise du coronavirus sur le marché locatif de la métropole dans le cadre d’une recherche qu’il effectue pour la Ville. Il constate notamment une migration de logements autrefois offerts sur des plateformes de location à court terme vers d’autres qui proposent des unités à louer sur une plus longue période, comme Kijiji.

«Il y a plus de 1000 logements qui étaient sur le court terme qui se rendent sur le marché à long terme [à Montréal]», confie-t-il à Métro. Un phénomène qui «pourrait avoir un effet global de baisse des prix des loyers», du moins à court terme, estime l’expert.

«À long terme, par contre, [le prix des loyers] va dépendre de plusieurs facteurs socio-économiques, comme l’immigration et la reprise économique.» -David Wachsmuth

Départs vers la banlieue

Statistique Canada anticipe par ailleurs que la croissance de la popularité du télétravail en raison de la pandémie pourrait faire en sorte que plus de résidents des grandes villes canadiennes quittent celles-ci «pour pouvoir s’offrir de plus grandes maisons en banlieue» où ils disposeront d’«espace supplémentaire» pour y aménager leur «bureau à domicile».

David Wachsmuth ne s’attend toutefois pas à ce que ce phénomène ait des répercussions importantes sur le marché du logement à Montréal, où l’exode vers la banlieue a déjà pris de l’ampleur dans les dernières années.

«Pour certaines personnes qui envisageaient de vivre en banlieue, le télétravail sera le coup de départ. Mais pour beaucoup d’autres, ce ne sera pas suffisant pour les faire prendre cette décision», tranche l’expert, qui s’attend à ce que les impacts de la pandémie sur cette exode soient minimes.

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