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Relance économique: création d’un consortium pour aider les entreprises

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Le centre-ville de Montréal Photo: Josie Desmarais/Métro

Quatre organisations s’unissent dans le but d’épauler des centaines d’entreprises au cours des prochaines années alors que le Québec procède à sa relance économique.

L’annonce vendredi d’un financement de 1,5 million de dollars de la part de Développement économique Canada signe le départ du consortium «Territoires entreprenants». D’ici 2024, ce regroupement de quatre organisations spécialisées dans l’aide aux entreprises en démarrage entend offrir 10 000 heures d’accompagnement à plus de 225 entreprises situées dans un minimum de sept «territoires» du Québec, dont certains secteurs de Montréal.

Parmi les membres de ce consortium, on compte d’ailleurs l’Esplanade, un organisme du quartier Mile-Ex qui se définit comme un «accélérateur» pour les jeunes pousses, de même qu’Espace-inc, une organisation similaire basée à Sherbrooke.

«Ce n’est pas de l’accompagnement léger. C’est vraiment de l’aide sur le terrain avec des experts qui ont déjà accompagné des entreprises dans leur lancement [dans le passé]», assure à Métro la directrice général d’Espace-inc, Chloé Legris. Les entreprises qui bénéficieront des services de ce consortium pourront donc recevoir de l’aide dans les différentes étapes de leur projet, allant de l’idéation au montage financier, en passant par la recherche de contacts, indique-t-elle. Le consortium les aidera aussi à trouver un lieu où concrétiser leur projet.

«Un des défis pour les entreprises, c’est d’avoir de l’espace pour tester leur modèle d’affaires», souligne le directeur général de l’Esplanade, Pascal Grenier. À cet égard, la Ville de Montréal a d’ailleurs prévu dans son plan de relance économique, annoncé le mois dernier, de permettre aux jeunes entreprises de réaliser des projets éphémères dans des locaux commerciaux vacants de la métropole.

Détails à peaufiner

Certains détails du projet demeurent toutefois à confirmer, notamment concernant les différents territoires qui seront couverts. Il ne s’agira d’ailleurs pas nécessairement de régions de la province, mais plutôt de secteurs précis où la demande pour ce service est plus importante.

«Ça nous permet de cibler les endroits où les besoins sont plus grands et où il y a une volonté des acteurs du milieu», explique M. Grenier, qui donne en exemple l’Est de Montréal. Il assure d’ailleurs que la métropole, durement touchée par la crise sanitaire, bénéficiera de l’expertise du consortium.

En ce qui a trait au financement du projet, celui-ci est évalué à 4 M$. Ce sont donc 2,5 M$ qui demeurent à confirmer, en tenant compte de l’aide fédérale annoncée vendredi. En entrevue, M. Grenier indique qu’une bonne partie des fonds manquants proviendront de partenaires privés ainsi qu’une partie de Québec. «On est en discussions avec des partenaires majeurs, mais comme le montage est en construction, on ne peut pas le dévoiler», indique-t-il.

Innover en temps de pandémie

Ce projet, que peaufinent ses initiateurs depuis maintenant trois ans, survient à un moment bien particulier. Alors que le Québec procède à sa relance économique après avoir vu son produit intérieur brut chuter dans les derniers mois, la menace d’une deuxième vague du coronavirus plane déjà telle une épée de Damoclès au-dessus des entreprises de la province. Dans ce contexte, doit-on encourager de jeunes entrepreneurs à se lancer en affaires?

«Il y aura peut-être des difficultés à lancer des entreprises dans les prochains mois, mais il y aura peut-être place à l’innovation aussi», estime M. Grenier, qui souligne que certaines entreprises ont vu une «opportunité d’affaires» dans la crise sanitaire. Il suffit de penser, par exemple, aux entrepreneurs qui ont décidé de miser sur la confection de masques ou de désinfectant pour les mains dans les derniers mois.

«Il y a beaucoup d’innovations qui vont sortir de cette crise-là. C’est certain.» -Pascal Grenier, directeur général de l’Esplanade

Le consortium doit aussi adapter son offre de service aux mesures sanitaires en vigueur.

«C’est sûr que depuis la crise, nos activités se passent surtout en mode virtuel, mais je pense qu’on va devoir trouver un modèle hybride dans les prochains mois parce que la présence en groupe est quand même importante» souligne Mme Legris.

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