National

COVID-19: la classe politique québécoise fait un appel commun au respect des consignes

Les chefs des quatre partis représentés à l’Assemblée nationale (Paul Saint-Pierre Plamondon, Dominique Anglade, François Legault et Manon Massé)
Les chefs des quatre partis représentés à l’Assemblée nationale (Paul Saint-Pierre Plamondon, Dominique Anglade, François Legault et Manon Massé) Photo: Josie Desmarais/Métro

Les quatre partis représentés à l’Assemblée nationale ont uni leurs voix mardi pour lancer un message à la population à la veille des Fêtes: respectez les consignes contre la COVID-19 pour protéger le réseau de la santé.

Le premier ministre François Legault rompait avec la tradition mardi et procédait à une annonce en compagnie des trois autres partis politiques provinciaux. «Ce n’est pas le temps de faire des partys», a-t-il martelé, flanqué de Dominique Anglade, Manon Massé et Paul St-Pierre Plamondon.

Les consignes à respecter afin de limiter la propagation de la COVID-19 interdisent à tous les ménages de se rassembler durant la période des Fêtes. Unique exception: une personne seule peut se joindre à une bulle familiale.

En lançant ce cri du coeur, les partis politiques québécois veulent avant tout mettre à l’abri un réseau hospitalier fragile. Mardi, plus de 7000 professionnels des soins étaient en congé de maladie – et donc à l’écart d’un réseau qui manque déjà de personnel.

Québec a de nouveau rapporté un record de cas mardi. 2183 infections s’ajoutent au total provincial, en plus de 28 morts liées à la COVID-19.

Front commun

C’est la cheffe du Parti libéral du Québec, Mme Anglade, qui a enchaîné, mardi. Elle a tenu à rappeler la symbolique de cette conférence de presse commune. «Ce qui nous unit, c’est ce qu’on vit tous présentement avec la COVID-19», a-t-elle lancé en direct de Montréal.

La co-porte-parole du deuxième groupe d’opposition, Manon Massé, a renchéri quelques instants plus tard.

«Si je suis là, ce n’est pas que je ne me chicane jamais avec le premier ministre. […] Ce n’est pas que je veux être obéissante. Je suis là par solidarité avec ces personnes-là dans le réseau de la santé qui, jour après jour, mettent leur vie en danger.» – Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire

Le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, a de son côté eu une pensée pour les entrepreneurs et les restaurateurs. Le gouvernement Legault confirmera s’il rouvre les commerces le 11 janvier prochain. La période de restrictions pourrait aussi se prolonger.

«Nous sommes dans le dernier droit», a maintenu le leader péquiste, en référence à l’espoir du vaccin. Aux dernières nouvelles, plus de 5200 personnes ont reçu une dose au Québec.

Une nouvelle formule

Après quelques rondes de négociations, le premier ministre et les chefs d’opposition ont convenu de tenir une rencontre hebdomadaire sur la COVID-19 cet hiver. Deux d’entre elles ont déjà eu lieu. Elles devraient se poursuivre jusqu’à la reprise des travaux parlementaires, prévue début février.

Pour le moment, les leaders des oppositions maintiennent avoir une «bonne écoute» de la part du gouvernement.

«Sur une base hebdomadaire, c’est un substitut à la démocratie», a illustré M. St-Pierre Plamondon.

«On n’est pas en période de questions à l’Assemblée nationale. Ça permet d’obtenir des réponses à des questions que nos concitoyens ont.» – Dominique Anglade, cheffe de l’opposition officielle

Selon Mme Massé, c’est à la suite d’une réunion transpartisane que le premier ministre s’est engagé à fournir des rapports sur la transmission du coronavirus par aérosols.

Québec déconseille les voyages

Le premier ministre est par ailleurs revenu à la charge pour demander aux Québécois d’éviter tout voyage non essentiel et de respecter les consignes s’ils partent malgré les mises en garde.

«On est train de s’assurer avec le gouvernement fédéral qu’il y ait des contrôles très stricts au retour», a signalé le premier ministre, ajoutant qu’il n’excluait pas d’ouvrir des hôtels en bordure des aéroports pour que les voyageurs fassent leur quarantaine.

Manon Massé accepte avec difficulté les «voyages dans le Sud» en pleine pandémie. «On ne peut même pas traverser les régions ici même au Québec. Je demande à mes concitoyens d’y penser à deux reprises avant de partir», a-t-elle affirmé.

Articles récents du même sujet