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16:29 22 janvier 2021 | mise à jour le: 22 janvier 2021 à 16:52 temps de lecture: 3 minutes

COVID-19: imbroglio sur les tests pour asymptomatiques

COVID-19: imbroglio sur les tests pour asymptomatiques
Photo: Josie Desmarais/MétroLe premier ministre François Legault

Montréal et le provincial ne semblent pas s’entendre sur la stratégie à adopter pour dépister la COVID-19 dans les quartiers chauds de la métropole. L’idée de tester des personnes asymptomatiques, évoquée mardi par le premier ministre, n’est pas dans les cartons de la santé publique montréalaise.

C’est ce qu’a confirmé vendredi la directrice régionale de santé publique, Mylène Drouin. «Ce n’est pas la stratégie qui est retenue pour le moment», a-t-elle indiqué lors d’un point de presse à Montréal.

«Ce sont les mêmes critères, a-t-elle poursuivi. On teste les gens symptomatiques, les gens qui ont été en contact avec un cas, les gens qui sont en contexte d’éclosion.»

Ces affirmations ne vont pas dans le même sens que ce qu’avait avancé plus tôt cette semaine le premier ministre François Legault. Mardi, devant la transmission élevée dans certains quartiers de Montréal, l’élu avait fait part de son intention de tester des personnes asymptomatiques, dans des écoles ou des cliniques mobiles.

«C’est possible dans les prochains jours, qu’on demande à vous tester, même si vous n’avez pas de symptômes», avait-il soutenu.

Dépistage massif

Au mois de décembre, la province voisine de l’Ontario avait envoyé des tests dans des écoles de Toronto et d’Ottawa, notamment, afin de dépister des cas non détectés de COVID-19 dans la population asymptomatique. En étaient ressortis une cinquantaine de cas.

Experte en santé publique, Roxane Borgès Da Silva voit dans ces campagnes de «dépistage massif» une bonne occasion de contrôler la contagion.

«Il faut détecter les super-propagateurs. Faire du dépistage dans les endroits qu’on veut garder ouverts est une excellente idée», soutient cette professeure agrégée à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

La stratégie priorisée par la Santé publique à Montréal consiste plutôt à augmenter la capacité de tests des cliniques déjà en place. Elle s’apprête d’ailleurs à envoyer plus de tests – réguliers et rapides – dans les centres de dépistage des quartiers les plus touchés de la ville.

Aléatoire?

Mardi, le premier ministre était allé jusqu’à dire que les tests effectués dans les quartiers touchés de Montréal pourraient être «aléatoires». Son attaché de presse Ewan Sauves maintient que ce n’est pas le cas.

«Le premier ministre n’a pas parlé de tester des personnes au hasard, mais bien d’augmenter le nombre de tests auprès de personnes qui résident des endroits et des quartiers identifiés et précis, où il y a beaucoup plus de cas actifs et une transmission communautaire préoccupante», a-t-il indiqué dans un courriel, vendredi.

Les secteurs évoqués par le bureau du premier ministre comptent tous plus de 450 cas par 100 000 habitants. Il s’agit des régions sociosanitaires du Nord de l’Île–Saint-Laurent, d’Ahuntsic–Montréal-Nord, de Saint-Léonard–Saint-Michel et de Rivière-des-Prairies–Anjou–Montréal-Est.

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