Les droits de scolarité indexés de 3%
Le gouvernement du Québec veut indexer les droits de scolarité de 3% dès l’automne prochain. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, a dévoilé lundi soir les intentions du gouvernement lors d’une discussion particulièrement houleuse à l’occasion du Sommet sur l’enseignement supérieur.
Les frais afférents seront aussi indexés et le crédit d’impôt remboursable pour les droits de scolarité diminuera de 20 à 8%, selon la proposition du gouvernement. En contrepartie, le gouvernement entend injecter 25 M$ dans l’aide financière aux études. Il en sera question lors d’un chantier de réflexion auquel les associations étudiantes seront invitées à participer.
Pour la première ministre, Pauline Marois, cette solution permettra «plus de prévisibilité et moins d’endettement». Les associations étudiantes et les syndicats ont vivement dénoncé la proposition du gouvernement. La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) a jugé cette hausse prématurée puisque la grille de financement des universités, la modulation des scolarités et la mise sur pied d’un conseil national des universités feront l’objet de chantiers de réflexion. «Est-ce que le gouvernement fait un choix pour l’avenir des universités ou il fait un choix électoraliste», a demandé le représentant de la FEUQ, Thierry Morel-Laforce.
La Table de concertation étudiante du Québec a quant elle indiqué les droits de scolarité posent problème et que leur hausse n’aidera en rien la persévérance scolaire dans les cycles supérieurs. «Cette augmentation n’est pas recevable», a affirmé la députée de Québec Solidaire, Françoise David. Selon elle, l’indexation n’aidera en rien l’endettement étudiant. Elle croit que la gratuité scolaire est possible dans horizon de cinq ans en imposant des mesures fiscales aux institutions financières.
Le chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault a déploré le manque de courage du gouvernement. Selon lui, l’indexation des droits de scolarité ne résoudra pas le problème de sous-financement des universités au cours des deux prochaines années. Le Conseil du patronat a abondé dans le même sens. Son président, Yves-Thomas Dorval, a indiqué que d’autres sources de financement doivent être envisagées, notamment la modulation des droits de scolarité.
«L’expérience québécoise des droits de scolarité n’a pas fonctionné», a déclaré de son côté la rectrice de l’Université McGill, Heather Munroe-Blum. Elle a noté que le taux de diplomation au Québec n’est pas comparable à la moyenne canadienne. Elle croit que de meilleurs programmes de soutien aux étudiants sont nécessaires.
Le directeur général du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec, Christian Bélair, a fait savoir que la proposition du gouvernement est acceptable. «C’est un bon deal», a-t-il dit en regardant les représentants des associations étudiantes.
Ils ont dit:
«On dit aux étudiants qu’ils devront payer plus et qu’ils devront faire leur part et qu’après, on regardera les conséquences de l’indexation.»
Martine Desjardins, rrésidente de la FEUQ
«On ne se dit pas les vraies affaires. Il n’y a rien qui a été dit jusqu’à maintenant qui va permettre d’améliorer le sort des universités pour cette année et l’année prochaine.»
François Legault, chef de la Coalition Avenir Québec
«On ne peut pas se permettre comme société une crise ou une grève générale à tous les cinq ans. On crée une zone d’instabilité autours des universités, ce qui n’est pas sain.»
Pierre Duchesne, ministre de l’Enseignement supérieur
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