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L’environnement devrait-il faire partie du plan santé de Christian Dubé?

La présidente de l'association québécoise des médecins pour l'environnement, Claudel Pétrin-Desrosiers.
La présidente de l'Association québécoise des médecins pour l'environnement, Claudel Pétrin-Desrosiers. Photo: Gracieuseté - Association québécoise des médecins pour l'environnement

Au fil des 80 pages de son plan santé déposé hier, Québec propose 50 mesures pour améliorer la performance du système de santé. Aucune d’entre elles ne touche l’augmentation des gaz à effet de serre (GES), ou des implications collectives pour en réduire les effets. Il s’agit d’une «opportunité ratée», selon l’Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME).

Les changements climatiques sont considérés comme la plus grande menace à la santé du 21e siècle par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Plus particulièrement, au Québec, 4000 personnes par année décèdent en raison de la qualité de l’air. «Tu nommes 50 mesures dans ton plan santé, et tu ne mentionnes pas ce qui risque d’être le plus grand facteur pour l’ensemble de ta population pour les années à venir. C’est vraiment une opportunité manquée, même si je ne suis pas surprise du tout», fustige la présidente de l’AQME, Claudel Pétrin-Desrosiers. 

Les changements climatiques coûteraient environ 30 milliards de dollars par année au réseau de la santé, selon un rapport publié par Santé Canada en 2021.

«C’est bien connu dans la littérature médicale, les changements climatiques affectent la santé de tout le monde à travers la planète. Ses impacts sont amenés à continuer de croître avec les années, explique la Dre Pétrin-Desrosiers. On parle de mortalité, de morbidité, donc d’une augmentation de plusieurs problèmes de santé existants. Des nouvelles maladies seront engendrées.»

La chaleur extrême risque d’être mortelle pour 20 000 Québécois d’ici 2065, prévient-elle. En raison du réchauffement du climat, les inondations et les feux de forêt devraient aussi se multiplier, ce qui constitue un risque important en matière de santé.

Peu de prévention

Trois mesures du plan Dubé traitent de prévention. Le système fera la promotion de meilleures habitudes de vie et fera davantage d’efforts en matière de dépistage en cancérologie. Un plan d’action interministériel sera aussi mis en place pour «améliorer la qualité de vie des populations» et «réduire les inégalités sociales ayant une incidence sur la santé».

Davantage d’importance aurait dû être accordée à la prévention, estime l’AQME, plutôt que de miser sur des mesures à plus court terme, comme la construction et la rénovation de nouveaux hôpitaux. «C’est comme si on avait une boîte qui s’alimente de plus en plus, et qu’on essaie de la grossir plutôt que de réduire le volume qui s’y retrouve, image la Dre Pétrin-Desrosiers. Il faut penser aux raisons pour lesquelles les gens sont malades, dont les changements climatiques.»

La médecin de famille dans Hochelaga-Maisonneuve explique que les problèmes de santé sont à 70% attribuables à l’environnement qui nous entoure, incluant par exemple notre revenu, notre alimentation et notre éducation. Ce sont tous des éléments qui influencent la pollution, au sens large.

«Les maladies chroniques complexes sont ce qui occupe le plus notre réseau de santé. On a un environnement qui ne nous rend pas en super santé. Avec des politiques agressives, on pourrait réduire l’achalandage du système de santé.»

À l’échelle mondiale, les systèmes de santé sont responsables d’environ 5% des émissions de gaz à effet de serre. En d’autres mots, le réseau de santé serait la 5e nation la plus polluante au monde, s’il constituait un pays, selon un rapport de l’association Health Care Without Harm.

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