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Bay du Nord: Équiterre poursuit son cofondateur, Steven Guilbeault

Steven Guilbeault.
Steven Guilbeault. Photo: Josie Demarais/Métro

L’organisation environnementaliste Équiterre intente une poursuite contre son ancien directeur et cofondateur, le ministre de l’Environnement Steven Guilbeault, plaidant que son approbation du projet pétrolier et gazier Bay du Nord contrevient aux obligations internationales du Canada.

Le projet Bay du Nord doit voir le jour au large des côtes de Terre-Neuve-et-Labrador. La multinationale norvégienne Equinor et la compagnie canadienne Husky Energy souhaitent y exploiter un gisement de pétrole en eau profonde, une première au pays. 

L’organisation de défense du droit de l’environnement Ecojustice a déposé la poursuite contre Steven Guilbeault à la Cour fédérale le 6 mai, au nom d’Équiterre et de la Fondation Sierra Club Canada. 

Ce projet représente une menace pour nos écosystèmes marins et nos objectifs de réduction des émissions de GES. Considérant tous les impacts à long terme, nous n’avons d’autre choix que de faire cette demande de contrôle judiciaire auprès de la Cour fédérale.

Colleen Thorpe, actuelle directrice générale d’Équiterre

Le ministre Guilbeault, qui est aussi député de Laurier–Sainte-Marie à Montréal, a approuvé le projet Bay du Nord le 6 avril dernier. Les groupes qui le poursuivent soulignent que le sceau du ministre a été apposé seulement «quelques jours» après la parution du dernier rapport du GIEC, dont les conclusions sont alarmantes. Le ministre Guilbeault a été critiqué par de nombreuses voix concernant cette décision. Il a par la suite hésité à dire s’il aurait approuvé le projet s’il avait été seul au Conseil des ministres.

Un projet parmi les «moins émetteurs au monde»

Pour défendre le projet, Steven Guilbeault avait notamment déclaré que Bay du Nord était probablement parmi les projets pétroliers qui émettent le moins de gaz à effet de serre (GES) dans le monde. «Pour donner un ordre de grandeur, c’est dix fois moins de gaz à effet de serre par baril de pétrole produit qu’un projet de sable bitumineux», avait-il souligné sur les ondes d’ICI Première en avril.

Les groupes écologistes ne sont toutefois pas impressionnés par l’argument. «La rhétorique de l’industrie et des gouvernements selon laquelle on saurait produire du “pétrole propre” omet que le processus d’extraction du pétrole ne représente que 10% des émissions d’un projet pétrolier. En fait, les 90% restants proviennent de la combustion du pétrole», disent-ils dans le communiqué de mercredi. «La décision du ministre d’approuver le projet Bay du Nord manque de vision et ne tient pas compte des importantes émissions en aval qui seraient générées par ce mégaprojet», estiment-ils.

Le ministre de l’Environnement n’a pas encore répondu à notre demande d’entrevue à ce sujet.

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