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Vaccination des tout-petits: un spécialiste répond aux craintes

Craintes liées aux effets secondaires, remise en question de l’efficacité des vaccins, faible risque de la COVID-19 pour la santé des enfants, sont les principales raisons évoquées par les parents qui n’ont pas l’intention de faire vacciner leur enfant. Photo: SrdjanPav, iStock

Vacciner ou non son enfant âgé de six mois à cinq ans contre la COVID-19? Si certains parents refusent de le faire pour une question de croyances ou de valeurs, d’autres sont tout simplement craintifs à cette idée. Métro a consulté un spécialiste en immunologie afin d’y voir plus clair.

Selon un récent sondage mené par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), seulement 41 % des parents ont l’intention de faire vacciner leur enfant de moins de cinq ans contre la maladie, contre 40 % qui ne comptent pas le faire.

«Ça ne m’étonne pas tellement, c’était attendu avec ce qu’on voit en termes d’adhésion à la troisième et à la quatrième doses», avoue Alain Lamarre, professeur titulaire à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), réagissant aux résultats de ce sondage.

On a vu quand même une grosse diminution pour les adultes, alors ce n’est pas surprenant que pour les enfants, ça soit encore plus bas, puisque les parents sont toujours plus craintifs.

Alain Lamarre, professeur titulaire à l’INRS

Faible risque pour les petits

L’une des raisons évoquées par les parents qui n’ont pas l’intention de faire vacciner leur enfant est que la COVID-19 présente un faible risque pour les petits.

«C’est sûr que le risque est plus faible que chez les adultes», admet le professeur de l’INRS.

Il semble en revanche que les enfants de 6 mois à 4 ans sont de quatre à cinq fois plus à risque d’être hospitalisés pour la COVID-19 que les jeunes âgés de 5 à 17 ans, non adéquatement vaccinés, peut-on lire dans un avis scientifique intérimaire publié par l’INSPQ le 14 juillet dernier.

Selon les chiffres publiés dans cet avis, 230 enfants de 6 mois à 4 ans ont été hospitalisés à cause de la COVID-10 entre le 2 janvier et le 7 mai 2022, comparativement à 69 hospitalisations pour les 5 à 11 ans et 43 pour les 12 à 17 ans.

Effets secondaires

L’autre crainte exprimée par les parents sondés, ce sont les possibles effets secondaires.

Alain Lamarre explique qu’aucun effet secondaire spécifique aux tout-petits n’a été observé. Il ajoute que comme la dose pour les jeunes enfants représente environ le quart de celle administrée aux adultes, «cela permet d’avoir très peu d’effets secondaires tout en maintenant une bonne réponse immunitaire».

Rappelons que pour l’instant, seule le vaccin Moderna a été autorisé par Santé Canada, celui de Pfizer étant toujours à l’étude.

Efficacité des vaccins

S’il est possible d’être infecté par la COVID-19 malgré une vaccination adéquate – ce qui amène certaines personnes à remettre en question l’efficacité des vaccins –, Alain Lamarre rappelle qu’il y a des cas graves chez les jeunes enfants.

«Le gros avantage des vaccins, c’est de nous protéger contre la maladie sévère. Donc, ce sera pareil pour les enfants», soutient Alain Lamarre.

Il ne faut pas juste voir ça comme étant comme une façon de freiner la propagation, mais l’utilité des vaccins, c’est surtout de limiter la maladie grave et les décès. Il y en a dans cette tranche d’âge, alors si l’on peut les éviter, pourquoi on s’en priverait?

Alain Lamarre, professeur titulaire à l’INRS

Notons cependant que parmi les complications potentielles du coronavirus, il y a la COVID longue et le syndrome inflammatoire multisystémique de l’enfant (SIME) et que selon l’avis intérimaire de l’INSPQ, «des incertitudes persistent sur l’ampleur de ces deux complications dans le groupe d’âge des 6 mois à 4 ans et sur la capacité de la vaccination à réduire leur incidence».

Alain Lamarre précise que les craintes des parents au sujet de la vaccination sont normales, mais qu’il faut les rassurer, d’autant plus que ce sont les tout-petits qu’on vaccine le plus en général. Il y a une expertise dans ce domaine et c’est une pratique «très commune», conclut-il.

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