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Aussant quitte la direction d'Option nationale

MONTRÉAL – Invoquant des motifs de nature personnelle et familiale, le chef d’Option nationale (ON), Jean-Martin Aussant, a annoncé mercredi qu’il quittait la direction du parti qu’il a fondé en septembre 2011.

Disant vouloir consacrer plus de temps à ses jumeaux de deux ans, M. Aussant a soutenu qu’il devait se résoudre à prendre une pause d’ici à ce que sa situation familiale soit «plus propice à un engagement aussi intense et entier que celui de faire de la politique active».

L’ancien député de Nicolet-Bécancour a plaidé en conférence de presse, à Montréal, que la formation politique dont il était la seule véritable tête d’affiche avait toujours sa raison d’être et que son départ permettrait «de faire connaître de nouveaux visages du mouvement souverainiste».

«Quand la moitié d’une population se prononce en faveur de la souveraineté lors d’un référendum, il serait insensé qu’aucun parti politique ne travaille activement à faire progresser cet appui au-delà du 50 pour cent. Dans le paysage politique actuel, seule Option nationale le fait et doit continuer à le faire», a-t-il expliqué.

Son départ survient quelques semaines après que les membres d’ON eurent consenti à lui verser un salaire de 86 000 $ et lui eurent accordé un vote de confiance de 97 pour cent.

Jean-Martin Aussant avait claqué la porte du Parti québécois en juin 2011 afin de siéger comme indépendant. Il avait brigué la même circonscription au scrutin du 4 septembre dernier, mais il avait été battu par le candidat caquiste, Donald Martel. Le PQ était arrivé quatrième dans cette circonscription, derrière les libéraux.

«La dernière fois qu’un parti souverainiste a obtenu plus de votes que le Parti libéral (à l’échelle du Québec), c’était en 1994 avec M. Parizeau, qui avait dit: ‘élisez-moi et il se passera quelque chose’. C’est la dernière fois qu’on a fait confiance pleinement au PQ. C’est un message assez clair, me semble-t-il, pour le PQ», a lancé M. Aussant, disant avoir discuté mardi avec l’ex-premier ministre Jacques Parizeau, son «mentor» depuis les débuts.

En fait, en septembre 2012, le PQ a obtenu un pourcentage des voix à peine supérieur à celui du PLQ, avec 31,95 pour cent contre 31,20.

M. Aussant a assuré que la division des forces souverainistes le motivait plutôt à travailler encore plus fort, et que ces circonstances n’avaient pas pesé dans sa décision.

Le chef fondateur d’Option nationale a remercié, la gorge nouée, tous ceux qui ont contribué au parti depuis ses débuts. «Mon message est fort simple: continuez, vous avez raison!», a-t-il lancé. «La souveraineté est incontournable et nécessaire (…) J’espère avoir contribué à ma façon à nous en rapprocher — du moins, je m’y suis dévoué entièrement.»

Les statuts du parti prévoient que la présidente, Nathaly Dufour, assurera l’intérim d’ici à ce qu’une course à la direction soit organisée. Elle n’a pas exclu, mercredi, de présenter sa candidature. «Personnellement, je pourrais vous dire spontanément que non. Mais nous n’en sommes pas là encore.»

Le conseil national du parti se réunira à la fin du mois. Mme Dufour possède des expériences professionnelles variées, notamment dans les milieux du droit, du journalisme et de l’écriture — comme auteure. Elle fut candidate dans Lévis lors des dernières élections.

M. Aussant a parlé d’une «formidable» occasion pour des «leaders naturels» dans le parti de se faire valoir.

«Je tiens à souligner deux fois plutôt qu’une que, contrairement à la formule selon laquelle le coeur n’y est plus, mon coeur y est toujours et à 100 pour cent. Ce fut une décision très difficile. J’invite les militants à agrandir la demeure (d’Option nationale)», a-t-il affirmé.

La première ministre Pauline Marois — qui dit que c’est elle qui a suggéré à Jean-Martin Aussant de se présenter sous la bannière péquiste lorsque celui-ci a manifesté le désir de faire le saut en politique — a tenu à saluer le travail de son ancien collègue.

«Aujourd’hui, je veux lui témoigner tout simplement mon respect, lui souhaiter bonne chance pour la suite des choses, et je suis persuadée (qu’il) continuera sûrement de défendre avec autant de passion et de conviction notre projet de pays», a-t-elle déclaré lors d’un bref point de presse à l’Assemblée nationale.

Mme Marois n’a pas souhaité dire si le départ de l’économiste de formation constituait une mauvaise nouvelle pour la cause souverainiste, ou si cela donnait plus de poids au PQ.

L’autre formation souverainiste qui siège au Salon bleu, Québec solidaire (QS), a également tenu à souligner la contribution de M. Aussant, par voie de communiqué.

«Grâce à son engagement pour que le Québec devienne un pays, il a suscité un espoir certain auprès de plusieurs jeunes souverainistes», a déclaré la députée et coporte-parole de QS, Françoise David, louant au passage l’«intelligence» et les «qualités humaines» du politicien démissionnaire.

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