Paul Martin demeure engagé mais n'envisage pas de retour
Paul Martin n’a pas l’intention de retourner en politique. Même si son parti se cherche un chef, et même si une crise financière fait rage. «Je n’ai pas l’intention de revenir en politique, mais je continue à être très impliqué», soutient l’ancien premier ministre en entrevue à Métro.
Dans son autobiographie Contre vents et marées, parue mardi de cette semaine, il raconte comment il est aujourd’hui engagé, notamment pour la sauvegarde de la forêt humide du Congo et la création d’un marché unique en Afrique. Il a aussi mis sur pied des projets pour aider les membres des Premières Nations à acquérir une formation et à partir en affaires.
«J’ai aimé ma carrière de politicien, mais j’aime énormément ce que je fais, avoue-t-il. L’avantage maintenant, c’est que je choisis les sujets de l’heure.»
Paul Martin a fréquenté la Chambre des communes pendant près de deux décennies. À son arrivée, en 1988, le Parti libéral, alors dirigé par John Turner, était dans l’opposition. Deux ans plus tard, il se lançait dans la course à la direction du parti, qu’il perdait au profit de Jean Chrétien. Ce dernier le nommait malgré tout ministre des Finances en 1993.
Relations houleuses avec Jean Chrétien
Sur sa relation avec «le petit gars de Shawinigan», Paul Martin est avare de mots. «On a eu des désaccords, dit-il. Mais je reconnais que, quand j’ai voulu éliminer le déficit, M. Chrétien m’a appuyé.»
Dans son livre, il accuse Jean Chrétien de lui avoir laissé «une bombe à retardement» qu’était le scandale des commandites, ce qui a compromis ses chances de réélection. «Le premier ministre s’était organisé pour que le rapport [de la vérificatrice générale], qui traitait d’un problème qui s’était produit alors qu’il était en fonction, ne soit publié que lorsque je serais en poste», écrit-il.
Paradoxalement, Paul Martin n’aime pas parler du passé, même s’il a plongé dans ses souvenirs pour écrire ses mémoires. Il préfère être tourné vers l’avenir.
Tourné vers l’avenir
Au cours des mois à venir, il suivra de très près la course à la chefferie du Parti libéral. Pas question toutefois de la commenter ou de prendre parti pour un candidat. «Je vais demeurer spectateur», explique-t-il.
En spectateur averti, il est bien conscient de ce dont a besoin du PLC pour se rebâtir : la jeunesse. «Il faut ouvrir les portes aux jeunes qui veulent aller en politique et qui ne sont pas cyniques, dit-il. Je pense que c’est une porte que le parti devrait ouvrir.»
Et pour ce qui est du Canada, l’ancien premier ministre est très optimiste. Mais pas lorsqu’il pense à l’actuel gouvernement. «[Quand le Parti libéral a perdu le pouvoir], il y avait des surplus de 12 G$, a-t-il rapporté. Quand ça va mal, c’est là qu’il faut investir pour stimuler l’économie. Les conservateurs ont gaspillé les surplus quand ça allait bien, et là, on ne les a plus quand ça va mal. C’est une erreur fondamentale.»
Contre vents et marées, de Paul Martin, publié aux éditions Fides