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La parole à Joël Plouffe

Joël Plouffe, doctorant à l’UQAM, est un des initiateurs de l’Institut de formation sur les enjeux du Nord (IFEN) qui a lieu du 3 au 15 août. Demain matin, il s’envole avec une dizaine de chercheurs américains vers le Nunavik pour analyser les différents enjeux de cette région.

Comment est né ce projet d’IFEN?
C’est un projet sur lequel on travaille depuis deux ans avec une autre spécialiste du sujet, Diddy Hithins. Nous nous sommes rendu compte qu’il y a de plus en plus de professeurs qui enseignent sur le Nord, mais qui manquent de sour­ces concrètes. Nous voulions donc avant tout créer une formation de terrain.

Cela se déroule sur 14 jours. Durant la première semaine, nous avons eu une formation avec des spécialistes au Québec. Puis, pendant une semaine, nous allons faire une tournée complète de la baie James.

Quels sont les principaux thèmes abordés?
Nous allons parler du contexte entourant le traité de la baie James, des relations entre les Cris, les Inuits et le gouvernement du Québec. Nous allons également aborder les enjeux culturels, du lien brisé entre les jeunes générations et les aînés, des régions qui sont fortement touchées par les changements climatiques. Nous voulons aller au-delà de l’idée des ressources naturelles potentiellement exploitables dans le Nord. Les huit professeurs qui nous accompagnent sont issus de neuf universités américaines et enseignent aux 1er et 2e cycles. Cette formation va leur permettre d’avoir de meilleures références pour leurs cours. En fait, c’est une vulgarisation de la connaissance qui va permettre de rendre toutes les informations de base disponibles pour tout le monde.

Selon vous, quel problème le plus urgent faudrait-il résoudre dans le Nord?
Il m’est difficile de répondre à cette question, il faudrait en reparler à mon retour du Nunavik. Mais, par exemple, sur le plan culturel, il faudrait améliorer le système éducatif. Il faudrait également améliorer les liens entre chacune des communautés. Il y a aussi la question du taux de suicide qui est sept fois plus élevé là-bas que dans les autres régions du Canada. C’est très vaste.

L’une des raisons invoquées pour cette formation est l’impact important des changements climatiques dans le Grand Nord. Quels y sont les principaux enjeux?
Nous sommes conscients que le pergélisol est en train de fondre, ce qui remet en cause la solidité de certaines infrastructures. Je dirais aussi qu’avec le climat, les tempêtes augmentent et le territoire change, ce qui rend plus difficile l’accès au Nord. Ces changements peuvent entraîner des réactions en chaîne. Par exemple, si des espèces disparaissent, cela aura un impact important sur la chaîne alimentaire.

Quels résultats espérez-vous avec la création de cet Institut?
De pouvoir aider les gens à bien comprendre et de permettre de vulgariser la connaissance. Nous aimerions pérenniser l’Institut et le renouveler tous les trois ans.

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