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Médecine: utilisation inefficace de certains spécialistes

Si plus de 32% de l’ensemble des médecins du Canada se disent surmenés au travail, un nombre inquiétant de médecins œuvrant dans certaines spécialités se disent sous-utilisés, selon le sondage national des médecins, publié mercredi.

C’est le cas des spécialistes en soins intensifs et des chirurgiens vasculaires, dont 31% et 28% respectivement jugent ne pas être employés à pleine efficacité, d’après l’enquête.

Une situation potentiellement alarmante pour le Québec, puisque 35% des spécialistes sous-utilisés québécois envisageraient de quitter la province dans les deux prochaines années si la situation ne s’améliore pas, et 7% songeraient même à abandonner carrément la médecine, toujours selon le sondage.

Le manque d’accès aux ressources nécessaires, telles que les salles d’opération ou les équipements médicaux, pour mener à bien leur travail, expliquerait que ces spécialistes ne puissent pas traiter autant de patients qu’ils ne le souhaiteraient, selon le Dr Chris Simpson, président-désigné de l’Association médicale canadienne.

«Ce sont des spécialités ayant besoin de lourdes ressources hospitalières, auxquelles l’accès est limitée, explique-t-il. On se retrouve en situation où des médecins sont prêts à opérer des patients, mais ils ne peuvent pas. C’est absurde, quand on a pour certaines spécialités deux ans d’attente avant d’être opéré.»

Chez les nouveaux médecins, on voit aussi une tendance à la sous-utilisation, selon le sondage. Le Dr Simpson y voit un problème potentiel au niveau de la répartition de ceux-ci à la sortie de leurs études.

«On forme des nouveaux médecins, mais ils n’arrivent pas tous à intégrer à temps plein un emploi dans leur domaine de spécialité. Est-ce qu’on forme des spécialistes en fonction de subvenir aux besoins du milieu?», se demande le Dr Simpson.

Ni le Collège des médecins du Québec, l’Association québécoise de chirurgie, la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) ou le bureau du ministre de la Santé du Québec, Réjean Hébert, n’ont été en mesure de commenter le sondage.

Par contre, dans l’édition de janvier 2012 de la revue « Le spécialiste », le journal interne de la FMSQ, on peut trouver un article où les chirurgiens «dénoncent le manque de temps opératoire mis à leur disposition», ce qui les mettrait dans «l’impossibilité de travailler suffisamment.»

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