Au dernier jour du sommet de Copenhague, le Canada est prié de se rallier
Équiterre, la Fondation David Suzuki et la Société pour la nature et les parcs du Canada ont salué l’arrivée du premier ministre Stephen Harper à Copenhague, jeudi, en critiquant, une fois de plus, la position de son gouvernement et en l’invitant à se rallier afin d’assurer la signature d’un accord avant la fin du sommet de l’ONU, prévue vendredi. «La réputation du Canada a été mise à mal depuis 10 jours, mais le gouvernement ne bouge pas, a indiqué Dale Marshall, analyste des changements climatiques à la Fondation David Suzuki. Il y a pourtant plusieurs enjeux sur lesquels nous aimerions voir le Canada bouger.»
L’un des principaux désaccords qui subsistent entre le Canada et ses homologues signataires du protocole de Kyoto concerne l’année de référence sur laquelle les pays se basent pour calculer leurs cibles de réduction de gaz à effet de serre (GES). Alors que le protocole de Kyoto prévoit l’année 1990 comme référence, le Canada milite pour que l’année 2006 soit plutôt prise en compte afin de «cacher une hausse importante de ses émissions entre 1990 et 2006», selon Dale Marshall. «Le Canada n’est appuyé que par la Croatie dans cette lutte», a noté le coordonnateur général adjoint d’Équiterre, Steven Guilbeault.
De l’espoir, mais…
Une lueur d’espoir est venue éclairer le sommet hier. La Secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, a affirmé que les États-Unis étaient prêts à investir, aux côtés des pays développés, dans un fonds de 100 G$ pour aider les pays en développement à faire face aux changements climatiques. Vue comme une «avancée importante qui pourrait mener à une percée», cette annonce devra toutefois obtenir l’assentiment des pays développés, dont celui du Canada, qui devrait fournir de 3 % à 4 % du montant total. Dale Marshall a rappelé que la délégation canadienne n’avait pas fait d’annonce concernant un tel financement depuis son arrivée à Copenhague. «Le financement est un enjeu déterminant dans ces négociations, a déclaré Clare Demerse, de l’Institut Pembina. C’est ce qui fera que ça passe ou que ça casse.»
Même si le temps presse à Copenhague, Steven Guilbeault n’a pas paru baisser les bras. «Nous nous attendons à ce que la rencontre de plus de 100 chefs d’État permette d’accélérer les discussions et de parvenir à un accord, a-t-il affirmé. Nous nous attendons aussi à ce que les chefs d’État se présentent ici avec un niveau d’ambition plus élevé que ce que nous avons vu jusqu’à présent.»
Poursuite?
Steven Guilbeault, qui a été accusé lundi par Dimitri Soudas, le porte-parole de Stephen Harper, d’avoir envoyé le faux communiqué à l’origine du canular orchestré par le groupe américain The Yes Men, n’écarte pas la possibilité de poursuivre M. Soudas pour atteinte à sa réputation.