Finie la partisanerie
L’entêtement ne sert à rien. Jean Charest ne peut faire autrement qu’aller de l’avant avec une commission d’enquête publique. Lui et son gouvernement sont maintenant isolés.
Les derniers remparts qui résistaient à une demande de commission d’enquête publique viennent de tomber. La FTQ et l’UMQ réclament à leur tour que l’on fasse la lumière et restaure ainsi la crédibilité des différents acteurs. Le gouvernement doit emboiter le pas. Chaque jour, les allégations continuent de faire les manchettes et il devient pratiquement impossible pour le gouvernement d’entreprendre quelque projet que ce soit.
Pour rétablir la confiance de la population envers les institutions, l’heure n’est plus à la partisanerie. Il est temps de s’élever au-dessus de la mêlée. Le premier ministre doit maintenant nommer un comité de sages afin de définir le mandat d’une commission d’enquête autour de l’attribution et de l’exécution de contrats publics. Syndicats, entreprises, élus – tous les liens dans la chaîne doivent être examinés. Des personnes respectées qui ont vécu certaines expériences peuvent être mises à contribution. À juste titre, des noms comme ceux de Jean Cournoyer et de Lucien Bouchard circulent déjà… L’Assemblée nationale doit aussi collaborer et entériner la démarche, sans quoi le Québec restera au neutre.
Pour l’instant, Jean Charest dit que, lorsque l’opposition s’attaque à lui, elle ternit les institutions. Pourtant, il a aujourd’hui l’occasion de préserver les institutions et de rebâtir la confiance en déclenchant une commission d’enquête publique. Les allégations faites au sujet du maire de Laval ont permis de démontrer que toutes les enquêtes policières ne suffiront pas pour lever le voile sombre qui plane au-dessus du Québec. On ne le dira jamais assez : ces enquêtes sont utiles pour punir les individus. Elles ne permettent cependant pas de déterminer les liens et les processus qui prévalent et encore moins de mettre en place des mesures correctrices.
La persistance des allégations fait la preuve que le système est malade. Les langues commencent d’ailleurs à se délier. Une commission d’enquête est devenue le seul traitement pour accélérer la cadence et rebâtir la confiance. Le processus doit cependant être loin de la partisanerie. Il serait sage d’agir M. Charest, pour que le Québec puisse passer à autre chose et se concentrer sur du constructif.
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.