La CSDM satisfaite du bulletin unique
Contrairement aux enseignants, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) s’est dite satisfaite du bulletin unique qui entrera en vigueur dans toutes les écoles du Québec au mois de septembre. «[Il] est plus clair pour les parents et les connaissances y sont bien identifiées et distinguées», a plaidé mercredi la présidente de la CSDM, Diane De Courcy.
Selon elle, la version finale du bulletin unique préparée par le ministère de l’Éducation reflète ce que la CSDM et l’Alliance des professeurs de Montréal (APPM) avaient demandé il y a plus d’un an. Ils avaient alors convenu que l’évaluation des connaissances devait être considérée comme «prioritaire et fondamentale» par rapport au contrôle des compétences. Ils avaient recommandé à la ministre de l’Éducation de l’époque, Michelle Courchesne, d’instaurer un bulletin national dans tous les établissements scolaires du Québec, ce qu’elle avait accepté de faire.
Après des mois de consultations et de discussions, le ministère a dévoilé, au début du mois de mars, la version finale du bulletin unique. L’APPM dénonce de son côté le fait que les connaissances ne seront pas évaluées de façon explicite puisque les notes représenteront à la fois un examen des connaissances de l’élève et l’évaluation de ses compétences. «C’est déjà comme cela en ce moment, a dit le président de l’Alliance, Alain Marois. La seule différence, c’est qu’on a réduit le nombre de notes dans le bulletin.»
Les profs maintiennent la pression
Hier, ils s’entendaient. Aujourd’hui, ils ont des opinions divergentes. Insatisfaite du bulletin unique présenté par le ministère de l’Éducation, l’Alliance des professeurs de Montréal (APPM) compte toujours exercer des moyens de pression malgré le fait que la Commission scolaire de Montréal (CSDM), avec qui elle s’était entendue l’an passé sur les changements à apporter au contrôle des acquis au primaire et au secondaire, ait décidé de cautionner la nouvelle grille d’évaluation.
«On maintient le cap, a affirmé hier le président de l’APPM, Alain Marois. On a un mandat. Si jamais il y a des changements drastiques et majeurs, on verra.» Les enseignants membres de l’Alliance ont, entre autres, l’intention de boycotter la journée de formation prévue le 13 mai prochain, qui portera sur le bulletin unique. La présidente de la CSDM, Diane De Courcy, a «amicalement» demandé aux enseignants montréalais de revenir sur leur position.
D’ici le 13 mai, Mme De Courcy rencontrera le président de l’Alliance pour discuter de son point de vue sur le bulletin unique. «Il ne sera pas question de remettre le bulletin en question ou de demander un report», a-t-elle avisé. Elle a tenté d’expliquer la position des enseignants en évoquant leurs «inquiétudes légitimes», selon elle, de voir leur charge de travail s’alourdir. «La CSDM donnera tout le soutien nécessaire pour que les enseignants puissent faire un bon bulletin pour les parents», a-t-elle assuré.
«On n’a pas peur que nos tâches s’alourdissent, elles vont s’alourdir entre autres à cause des compétences transversales, a rectifié M. Marois. On avait demandé l’arrêt de l’évaluation des compétences transversales. Il y en avait une à évaluer chaque année. En septembre, il y en aura beaucoup plus à évaluer.»
Bulletin unique
Il sera remis trois fois par année aux parents plutôt que quatre fois. «Dans le bulletin, la note tiendra compte de l’évaluation des connaissances et de la façon dont elles ont été utilisées dans le contexte du programme», a expliqué le directeur adjoint de la CSDM à la pédagogie, Robert Gendron. L’enseignant devra déterminer la proportion de la note qui concerne les connaissances et les compétences. Cette répartition sera modifiée selon les matières et selon les étapes d’évaluation. Le nombre de compétences à évaluer a été révisé à la baisse. Au primaire, il y en a 11 plutôt que 19, alors qu’au secondaire, il y en a 1 ou 2, en fonction des matières.