Québec solidaire: «Une économie décentralisée et démocratisée»
Québec solidaire tenait son congrès ce week-end à Montréal. Il était question d’écologie, d’économie et de travail. Métro s’est entretenu avec la co-porte-parole de la formation politique, Françoise David.
Sur le plan énergétique, qu’est-ce qui est mis de l’avant?
Sans surprise, le congrès confirme notre orientation. Nous ne voulons pas aller de l’avant avec les énergies polluantes et non renouvelables. C’est donc non à Old Harry, non au port méthanier, non aux gaz de schiste. C’est oui au développement des ressources énergétiques vertes et non polluantes. C’est le virage que le Québec doit prendre.
Qu’est-ce qui ressort des discussions sur l’économie?
Québec solidaire se prononce pour une économie plurielle, qui fait une large place à l’économie publique et sociale, qui laisse de la place à l’entreprise privée. On dit aussi qu’on doit reconnaître l’économie domestique. Ce sont tous les services donnés par des femmes, qu’elles soient payées ou non, dans les services publics, communautaires, privés ou au sein de leur famille. On oublie très souvent que les services publics, ça fait partie de l’économie. Ce n’est pas seulement une dépense de l’État, c’est un investissement, ça fait marcher l’économie autant que Bombardier ou Rio Tinto.
La vision d’ensemble, c’est une économie décentralisée et démocratisée et une économie où l’État et d’autres formes de propriétés collectives occupent une place avec l’entreprise privée.
Concrètement, ça veut dire quoi?
Avec la forêt, ça pourrait donner des comités forestiers locaux où la municipalité, l’entreprise et les citoyens sont présents et développent une vision à moyen terme de la gestion de la forêt dans leur communauté. Ce plan doit être approuvé par l’État, mais ça part de la base.
On veut donner du pouvoir aux communautés locales et aux travailleurs, dans leur domaine. Dans le secteur minier par exemple, on accorderait un droit de véto aux citoyens touchés sur le développement d’une nouvelle mine.
Est-ce que Québec solidaire prend position dans la présente campagne électorale fédérale?
Oui. Il n’y a pas de place pour les conservateurs au Québec. Ce gouvernement, même minoritaire, a agi en autocrate. Ses valeurs ne correspondent pas à celles du Québec. Toutes les raisons sont bonnes pour lancer un appel à nos concitoyens et de leur dire «Ne votez pas pour Stephen Harper, mais pour des candidats qui partagent des valeurs largement acceptées au Québec».