Des produits d'entretien ménager vraiment verts?
Il existe, en Amérique du Nord, deux écolabels officiels pour les produits d’entretien ménager. Pourtant, les produits en vente au Québec affichent une quarantaine d’écolabels en plus de sept types de mentions environnementales.
L’Observatoire de la consommation responsable (OCR) de l’Université de Sherbrooke a analysé les pratiques de marketing vert de 840 produits ménagers provenant de 123 marques différentes. Selon ses conclusions, publiées mardi, les fabricants de produits d’entretien ménager font appel à une panoplie de stratégies visant à verdir leurs produits, ce qui créerait une certaine confusion au sein des consommateurs.
Ainsi, plusieurs fabricants n’hésitent pas à apposer sur leurs produits une certification environnementale maison, dont les critères de certification ne sont pas toujours précisés. Certains inscrivent également des mentions environnementales sur leurs emballages et y impriment une image verte. Enfin, plusieurs noms à connotation verte ont fait leur apparition au fil des ans.
Première étude d’une telle ampleur à s’attaquer aux produits d’entretien en vente au Québec, l’analyse de l’OCR a permis de constater que seulement 12 % des produits québécois arborent un écolabel officiel vérifié. En contrepartie, une quarantaine d’écolabels maisons, qui ne sont pas vérifiés par une tierce partie indépendante, se retrouvent sur les produits en vente dans la Belle province.
«Il y a à la fois un nombre croissant et une qualité variable des écolabels créant ainsi une confusion de plus en plus importante aussi bien parmi les consommateurs que les professionnels, peut-on lire dans le rapport intitulé Les stratégies de positionnement vert dans le secteur des produits d’entretien ménager au Québec. Alors que la certification environnementale vise à donner une crédibilité verte aux produits et rassurer les consommateurs, on observe plutôt que la multiplication d’écolabels engendre de la confusion et une méfiance de la part des consommateurs.»
Car même les produits qui jouissent d’une certification reconnue prêche parfois par excès de zèle et alimentent le sentiment de confusion des consommateurs. Selon l’étude de l’OCR, près de 30% des produits qui ont un écolabel officiel présentent aussi un écolabel maison.
Les auteurs du rapport sur les stratégies de positionnement vert recommandent aux fabricants de produits d’entretien ménager de «mettre fin au phénomène de « surlabellisation », de choisir un processus d’écolabelisation officiel, d’être transparent et d’assurer l’exactitude» de leurs prétentions environnementales.