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La corruption bien présente dans le monde de la construction

Les travailleurs et les employeurs de l’industrie de la construction sont non seulement préoccupés par les allégations de corruption et de collusion qui pèsent sur leur secteur d’emplois, plusieurs d’entre eux admettent avoir été témoins de tels gestes. Selon le Parti québécois, ces révélations confirment la nécessité de tenir une enquête publique sur l’industrie de la construction.

Un sondage commandé par la Commission de la construction du Québec (CCQ), dont les résultats ont été dévoilés lundi, par La Presse, révèle que 25% des travailleurs et des employeurs de l’industrie de la construction affirment avoir été témoins de collusion ou de gestes de corruption dans le passé.

De plus, 76% des employeurs et 70% des travailleurs disent être préoccupés par les allégations de collusion et de corruption qui pèsent sur leur industrie.

La présidente-directrice générale de la CCQ, Diane Lemieux, a salué la lucidité de l’industrie. Le critique du Parti québécois en matière de Sécurité publique, Stéphane Bergeron, y a aussi vu un appel à l’aide.

«On a pensé pendant un temps que les travailleurs et les employeurs de l’industrie de la construction étaient un peu réticents à ce qu’il y ait une enquête publique sur leur industrie compte tenu de l’image peu positive qu’elle risquait de créer, a expliqué M. Bergeron. Ce qu’on comprend aujourd’hui, c’est qu’ils sont déjà préoccupés par l’image de leur industrie. Cela prouve qu’il est plus nécessaire que jamais de tenir une commission d’enquête pour aller au fond des choses et pour rétablir l’image de l’industrie de la construction.»

Le gouvernement de Jean Charest a jusqu’à présent refusé de se plier aux demandes du Parti québécois, qui réclame la mise sur pied d’une commission d’enquête, préférant se fier à l’Unité anticorruption.

«Le gouvernement peut difficilement être efficace puisqu’il ne connaît pas la nature du mal, a indiqué Stéphane Bergeron. Il a multiplié les mesures pour lutter contre la collusion et la corruption, sans savoir quel impact elles auraient. Et il semble encore se refuser à aller au fond des choses.»

Mathieu St-Pierre, l’attaché de presse du ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, a répété quant à lui que le gouvernement avait confiance en l’Unité permanente anticorruption.

«Cette unité s’inspire des meilleures pratiques dans le monde, a-t-il rappelé. Elles ont démontré qu’elles permettaient d’obtenir des résultats concrets. Nous avons choisi cette avenue parce que nous croyons que c’est la meilleure.»

M. St-Pierre n’a par ailleurs pas souhaité commenter le sondage de la CCQ.

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