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Le bateau canadien pour Gaza reprend la mer

De la marina de Fethiye en Turquie, j’ai vu le Tahrir prendre la mer. Hélas, comme c’est le cas pour une vingtaine d’autres délégués, je n’ai pas pu monter à bord. Lundi, les autorités portuaires ont informé le comité organisateur qu’il existe une loi en Turquie interdisant à un bateau de plaisance de transporter plus de 12 personnes à la fois. Déchiré par cette nouvelle inattendue, le groupe s’est réuni d’urgence et s’est rendu à l’évidence qu’il n’avait pas d’autre choix que d’accepter cette dure réalité.

Seulement sept délégués et cinq représentants des médias ont pu monter à bord, sur la trentaine de personnes prévues au départ. Selon les normes internationales, l’embarcation a pourtant une capacité de 50 personnes.

Le bateau canadien pour Gaza, qui s’était joint à la deuxième Flottille de la liberté en juillet dernier et qui avait été arraisonné par les autorités grecques sous la pression diplomatique d’Israël, se trouvait hier soir en eaux internationales. C’est pour éviter les déboires de cet été que le Tahrir a été déplacé vers la Turquie. Ce pays est plus enclin à résister au chantage israélien et à laisser appareiller un navire en direction de Gaza.

Avant de partir, j’ai rencontré David Heap et Dylan Penner, du comité organisateur. Je leur ai demandé si on ne devenait pas trop pro­vocateurs en relançant la mission aussi rapidement. David Heap m’a souri et m’a répondu du tac au tac : «Ce qu’on fait, c’est, oui, une sorte de provocation, mais pas une provocation à la violence. C’est ce que Gandhi appelle une provocation à la cons­cien­ce du monde. On essaie de provoquer la conscience des gens afin d’attirer l’atten­tion sur la nécessité de mettre fin au blocus. Il faut maintenir la pression. La dernière initiative de la Flottille a été une réussite sur le plan médiatique, mais l’essentiel n’a pas changé pour les Palestiniens de Gaza. Tout récemment, ils ont relancé l’appel de ne pas les oublier, ils at-ten­dent nos bateaux, ils attendent qu’on relance les initiatives, qu’on multiplie les initiatives pour briser le blocus.»

Aux dernières nouvelles, le Tahrir était toujours en eaux internationales. Il s’approchera progressivement du port de Gaza. Les chances sont minces pour qu’il arrive à destination. L’armée israélienne saisira probablement le bateau, et renverra les délégués dans leur pays d’origine. Rappelons tout de même que la mission est risquée. À la fin du mois de mai 2010, un commando israélien avait pris d’assaut le bateau turc, le Mavi Marmara, qui participait à la première Flottille de la liberté, et avait tué neuf personnes.

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