L’UPAC à Châteauguay: une collaboration «exemplaire» de la mairesse
C’est grâce aux témoignages de la mairesse de Châteauguay, Nathalie Simon, que l’Unité permanente anti-corruption (UPAC) a pu procéder à l’enquête qui a mené à l’arrestation de quatre individus jeudi matin.
En septembre dernier, Mme Simon a approché le service de police de Châteauguay pour dénoncer les tentatives de corruption de quatre individus, entrepreneurs et agents immobiliers. «La collaboration de la mairesse a permis de faire avorter un grand stratagème qui visait à placer certains de ces individus sur un poste influent de l’administration municipale», a déclaré le capitaine André Boulanger, responsable du Service des enquêtes sur la corruption de la Sûreté du Québec. Certains des accusés auraient également essayé de s’approprier des terrains et d’en faire dézoner d’autres pour la construction de projets immobiliers, en retour de «plusieurs dizaines milliers de dollars».
Le commissaire à la lutte à la corruption, Robert Lafrenière, a qualifié la collaboration avec la mairesse de «rarissime» et «exemplaire». «La corruption existe toujours, nous devons tous avoir le courage de dénoncer, surtout les élus, car c’est avec de telles actions que nous redonnerons confiance à la population», a-t-il clamé.
Le projet d’enquête, baptisé «Muet», a permis d’accumuler une preuve jugée considérable par les policiers. Un véhicule de luxe et une somme de 31 000$ ont été saisis. L’enquête n’étant pas terminée, d’autres arrestations pourraient être effectuées. Les suspects devront comparaître au palais de justice de Valleyfield en février.
«Une telle arrestation montre que les individus mal intentionnés ne pourront plus échappés à la police», a déclaré le député libéral de Châteauguay, Pierre Moreau. Ce dernier, qui connaît bien la mairesse Simon, a salué son courage. «Les élus et les citoyens doivent dénoncer la corruption, car elle nous coûte très cher», a-t-il souligné. La mairesse de Châteauguay n’a pas répondu aux appels de Métro.
Deux anciens employés de la ville
Parmi les individus arrêtés (René et Éric Lachance, Jacques Roy et Michel Bergevin), certains ont déjà travaillé pour la municipalité.
- René Lafrance a été conseiller municipal dans les années 2000, après avoir échoué à décrocher le poste de maire. Il est actuellement agent immobilier pour Re/max.
- Jacques Roy a été directeur au développement économique de la Ville de Châteauguay et a aussi assumé la responsabilité de la division des permis et de l’urbanisme, également durant les années 2000.