Tirs croisés avant le dernier droit
À 10 jours des élections générales, les chefs des 4 principaux partis ont joué le tout pour le tout jeudi dans un débat mouvementé présenté au réseau TVA.
Paradis fiscaux, «deal», charte des valeurs, référendum… les candidats ont fait feu de tout bois, n’épargnant personne ni aucun sujet dans une succession de face-à-face.
Si le libéral Philippe Couillard, actuel meneur dans les sondages, a fait l’objet de la majorité des attaques, tous les chefs ont décoché et essuyé leur part de coups.
| Pauline Marois La chef du Parti québécois et première ministre sortante a d’entrée de jeu tenté de pousser son principal rival dans les câbles sur les questions d’intégrité, rappelant que bien des membres de l’équipe libérale faisaient partie du gouvernement précédent. Elle a de plus misé sur le bilan de ce gouvernement en termes de création d’emploi. |
Philippe Couillard Le chef libéral a fait fi des accusations de Mme Marois, les qualifiant de «salissage». Brandissant la menace d’un référendum sous un gouvernement péquiste et les «dérives» du projet de charte de laïcité – basée sur une «crise» qui n’existe pas, selon lui –, M. Couillard a fait valoir son plan économique avant tout. |
| François Legault Le chef de la Coalition avenir Québec a réussi à mettre Mme Marois sur la défensive en l’interpellant sur la question des nominations partisanes. Déplorant une cinquantaine de nominations partisanes effectuées par le gouvernement Marois, il propose des nominations 100 % indépendantes dans la haute fonction publique. |
Pauline Marois La première ministre sortante a vivement critiqué François Legault pour ne pas avoir collaboré au projet de loi 14, qui proposait de renforcer la Charte de la langue française. Sur cet enjeu, tous les candidats ont ciblé à plusieurs reprises le chef libéral Philippe Couillard, lui reprochant d’ignorer les problèmes linguistiques au Québec. |
| Philippe Couillard M. Couillard a surtout cherché à mettre de l’avant son plan économique, qu’il a opposé aux idées plus socialistes de son opposante. Il a réaffirmé que le moteur de l’emploi est le secteur privé, et non le secteur public. Il a de plus mis l’accent sur les aspirations souverainistes de Québec solidaire. |
Françoise David C’est sur l’intégrité que Mme David a tenté de plaquer M. Couillard, soulevant dès l’ouverture des hostilités la fameuse question de compte en banque que le chef libéral aurait ouvert dans l’île de Jersey, réputée pour être un paradis fiscal. Elle s’est aussi désolée des coupes dans les services sociaux sous le règne libéral. |
| Pauline Marois Le peu d’attaques dirigées par la chef péquiste à l’endroit de Françoise David ont porté sur les signes religieux. Pauline Marois a rappelé la «crise» des accommodements raisonnables pour souligner la mollesse de la position solidaire en la matière. Mme David a affirmé que la question des accommodements avait été largement amplifiée par les médias. |
Françoise David La co-porte-parole de Québec solidaire n’a pas mâché ses mots à l’égard de la charte des valeurs, qui, selon elle, devrait se limiter à interdire le port de signes religieux aux personnes en position d’autorité. Mme David a proposé à la chef péquiste de mettre la question sur la glace en ce qui a trait aux hôpitaux, écoles, garderies, etc. |
| Françoise David Mme David s’est dite d’accord en principe avec M. Legault quant aux nominations partisanes, mais a trouvé sa position vague sur la question nationale. Le rapport de force que M. Legault tenterait d’installer avec les syndicats a déplu à Mme David, tout comme son insistance à répéter que le taxage des revenus des entreprises ferait fuir les sièges sociaux. |
François Legault M. Legault semble avoir utilisé le plus clair de son temps dans ses face-à-face avec Mme David pour décocher des flèches à Mme Marois et M. Couillard; tellement que, lorsqu’il lui a posé directement une question, Mme David s’est montrée ravie. C’est surtout sur le thème référendaire qu’il y a eu accrochage. |
| Philippe Couillard Philippe Couillard a reproché au chef caquiste sa volonté d’abolir les commissions scolaires, ce qui supprimerait quelque 4 500 emplois dans le réseau de l’éducation.M. Legault se défend en prétextant que peu de gens se soucient des élections scolaires et que la priorité doit aller aux services aux enfants. |
François Legault M. Legault, qui s’est défini comme «nationaliste» plutôt que comme souverainiste ou fédéraliste, a accusé le chef libéral de faire diversion en ne parlant que de référendum. Philippe Couillard a nié mener une campagne de peur, mais a tout de même encouragé le leader caquiste à continuer à écouter ses discours. |





