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L’abbé Raymond Gravel est immortalisé à Mascouche

Photo: Pier Courtemanche/TC Média

Le legs de l’abbé Raymond Gravel vient d’être immortalisé à jamais à Mascouche, alors que la caserne de pompiers de la ville portera désormais le nom d’«Édifice Raymond Gravel». L’annonce, qui a touché l’abbé droit au cœur, a été faite lundi.

«Voir son nom sur une plaque, c’est comme s’ils l’avaient immortalisé, et là, vu que je suis très malade, c’est quelque chose qui va rester après que je sois parti», a-t-il confié en entrevue au Trait d’Union.

L’abbé Raymond Gravel est atteint d’un cancer du poumon avec métastases aux os depuis environ un an. Il a été hospitalisé en juin et se relève d’une série de cinq chimiothérapies. Malgré ce dur combat quotidien, il tenait à être présent à cette cérémonie.

«[Mais] je trouvais ça drôle au début. Habituellement, ce sont les morts [qui reçoivent ce genre d’honneur], et là, je suis vivant, c’est un honneur pour moi», a-t-il soulevé dans son discours juste avant le dévoilement de la plaque en bronze.

Lié aux pompiers
Cela faisait plusieurs mois que l’administration du maire Guillaume Tremblay voulait commémorer la mémoire et le legs de l’abbé Gravel à la communauté mascouchoise, a mentionné le M. Tremblay. Raymond Gravel a été prêtre à Mascouche à trois reprises dans les années 1980-1990 en plus d’avoir participé à la mise sur pied d’une troupe de théâtre et à l’organisation de plusieurs Fêtes nationales. L’année 2014 marque aussi les 20 ans de ses services officiels en tant qu’aumônier des pompiers de la municipalité, un rôle encore très important aujourd’hui au sein de cette communauté.

«Dorénavant, chaque jour, lorsque les pompiers vont venir au travail ils se souviendront de toi, mon ami, a déclaré Jean-Pierre Boudreau, chef du Service des incendies à son «ami Raymond». Donner ton nom, c’est bien peu de choses à côté de tout ce que tu as pu offrir à la communauté.»

«Depuis qu’il est aumônier, Raymond a baptisé près de la moitié des enfants des pompiers d’ici, il a aussi aidé plusieurs d’entre nous à cheminer dans différents malheurs qui nous ont frappés que ce soit la maladie, les problèmes personnels, les décès, des messes anniversaires […] Raymond est toujours là, même malade, il est toujours là, c’est important», a souligné Bruno Julien, vice-président du syndicat des pompiers.

Encore présent
L’abbé Raymond Gravel tient en effet à accompagner ses fidèles tant qu’il en sera capable. «Soyez assurés que je vais être fidèle à mes engagements jusqu’à la fin, et j’espère que la fin, c’est un peu plus loin», a-t-il déclaré la larme à l’œil.

Plus tard, il a expliqué pourquoi il était si important de continuer malgré son état. «C’est important l’accompagnement, non seulement pour eux, mais pour moi aussi: ça donne un sens à ma vie. Par exemple, j’accompagne une femme qui est plus mal en point que moi, ça lui fait du bien et ça me fait du bien aussi, maintient-il. L’accompagnement, ce n’est pas seulement gratuit, c’est aussi enrichissant.»

«Soyez assurés que je vais être fidèle à mes engagements jusqu’à la fin, et j’espère que la fin, c’est un peu plus loin.» – L’abbé Raymond Gravel

Aux côtés de «René-Lévesque»
La plaque sera apposée sur la façade de la caserne, qui se trouve juste en face du Centre René-Lévesque, ce qui n’est pas sans faire sourire l’abbé Gravel pour qui l’ancien premier ministre a toujours été un modèle. «C’est flatteur, convient-il. Il était mon mentor, mon idéal. Je suis devenu souverainiste en 1970 quand j’ai écouté un discours de René Lévesque à l’ancien Forum et j’ai toujours voté souverainiste!»

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