Aérogare: ADM refuse d’accorder un sursis au maire de Mirabel
Aéroports de Montréal (ADM) refuse d’accorder un délai supplémentaire au maire de Mirabel, Jean Bouchard, afin qu’il trouve le financement nécessaire pour convertir l’ancienne aérogare en centre de foires.
«On n’a pas de motifs [pour accorder un sursis] et on n’a pas d’indication qu’il va y avoir du financement», a expliqué mercredi la vice-présidente aux affaires publiques d’ADM, Christiane Beaulieu. Elle a souligné qu’aucun plan d’affaires du projet de transformation ou garantie de financement n’a été acheminé à ADM, qui est en discussion avec la Ville de Mirabel depuis le mois de janvier.
«Ça fait dix ans qu’on essaie de revitaliser ce bâtiment et on n’y arrive pas, a ajouté Mme Beaulieu. On va le détruire et en faire quelque chose pour une entreprise qui va créer des emplois de qualité.» Le conseil d’administration d’ADM se réunira le 16 septembre prochain afin d’accorder un contrat pour démanteler l’ancienne aérogare et décontaminer le site.
Plutôt que démolir l’aérogare, le maire de Mirabel souhaite ardemment le transformer en centre de foires. Il a demandé mercredi à ADM un délai supplémentaire de trois mois pour fignoler le plan d’affaires. La mise à niveau de l’aérogare et sa conversion en centre de foires coûteraient environ 30M$.
«Il n’y a aucune urgence à démolir les installations de l’aérogare», a insisté Jean Bouchard.
Le gouvernement du Québec serait ouvert à délier les cordons de sa bourse, d’après le maire de Mirabel, mais aucun montant n’a pour le moment été fixé. Des discussions seront aussi entamées avec le gouvernement fédéral, qui est propriétaire de l’aérogare. La Ville de Mirabel contribuera aussi financièrement au projet. M. Bouchard a laissé entendre que sa Ville pourrait investir jusqu’à 10M$.
Transports Canada, qui est propriétaire de l’aérogare, n’entend pas s’immiscer dans le conflit entre ADM et le maire de Mirabel. «Il incombe à ADM de recevoir et d’examiner les solutions de rechange, les projets et les initiatives possibles se rapportant à l’ancienne aérogare, a indiqué le ministère fédéral dans un échange de courriels. Transports Canada ne s’ingère pas dans les activités courantes de cette société et respecte l’autonomie de celle-ci à cet égard.»
Le projet du centre de foires
Le maire de Mirabel, Jean Bouchard, veut transformer l’aérogare en centre de foires qui pourraient accueillir des expositions, telles que Salon de l’auto ou le Salon de l’habitation.
- «À moyen et long terme, on recherche des événements à caractère internationale liés à l’aviation civile», a dit le maire de Mirabel.
- D’autres petits projets pourraient aussi y être réalisés, notamment en lien avec la recherche et le développement en aéronautique.
- Le projet de centre de foires est «clairement faisable», d’après une étude de la firme Axel Stratégie Communication. Celle-ci statue que la nouvelle vocation de l’aérogare serait rentable dans la mesure où le centre de foires est animé 25% du temps. Elle souligne également le besoin de ce genre d’installation dans les Basses-Laurentides.
- Plusieurs municipalités des Laurentides appuient le projet du maire Bouchard, telles que Lorraine, Saint-Jérôme, Boisbriand et Blainville. Le Communauté métropolitaine de Montréal, qui est présidée par le maire de Montréal, Denis Coderre, est aussi en faveur de la transformation de l’aérogare de Mirabel.