Nouvelle étude sur la sécurité des prostituées
VANCOUVER – Les travailleuses du sexe qui vivent et travaillent dans des logements supervisés ont des rapports plus amicaux avec les policiers, selon une nouvelle étude.
L’étude a été publiée mercredi dans l’«American Journal of Public Health» par des chercheurs de l’Université de Colombie-Britannique et du Centre d’excellence de la Colombie-Britannique pour le VIH-SIDA.
Basée sur les témoignages de 39 femmes du quartier Downtown Eatside de Vancouver, l’étude indique également que les prostituées habitant des appartements supervisés risquaient moins d’être victimes de violence ou de contracter des maladies comme le VIH.
Ces découvertes surviennent un mois après qu’un tribunal de l’Ontario eut invalidé la loi interdisant les maisons de débauche dans la province.
Elles arrivent également alors que se déroule l’enquête publique sur le travail des policiers dans l’affaire du tueur en série Robert Pickton, qui a permis de constater que les relations difficiles entre forces de l’ordre et travailleuses du sexe empêchaient ces dernières de porter plainte lorsqu’elles étaient agressées.
Les femmes interviewées dans le cadre de l’étude participaient à un programme de logements supervisés gérés par l’Atira Women’s Resource Society et la RainCity Housing and Support Society dans le Downtown Eastside.
L’immeuble fonctionne selon le modèle de réduction des dommages, ce qui veut dire que les résidantes reçoivent un appartement et paient un loyer mais qu’elles peuvent faire ce qu’elles souhaitent chez elles.
Parmi les mesures de sécurité figurent des caméras de surveillance, une réception où les invités et les clients doivent s’enregistrer ainsi que du personnel sur place pouvant appeler la police en cas de problème.
Selon l’étude, les prostituées qui vivent dans ces logements ont l’impression d’avoir plus de contrôle sur leurs activités parce qu’elles peuvent refuser des clients, imposer le port du condom et éviter les prédateurs.
Kate Shannon, auteure principale de l’étude et professeure adjointe en médecine à l’Université de Colombie-Britannique, croit que ces découvertes devraient générer davantage de discussions au sujet des façons de permettre aux travailleuses du sexe de travailler en sécurité.