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Sophy sauveuse de chats

Sophy sauveuse de chats
Photo: Daphné Caron/Urbania

En mettant sur pied la Fondation Po, qui vient en aide aux chats errants, Sophy ouvre son cœur aux minous démunis, sans s’impliquer pour la vie. Du moins, en principe.

Qu’est-ce que la Fondation Po?
La PoF, pour les intimes, c’est une fondation que j’ai mise sur pied quand ma chatte Po est morte à l’âge de 19 ans. Je ressentais un grand vide, mais je n’étais pas prête à adopter un autre chat. J’ai décidé d’offrir un refuge temporaire aux chats abandonnés, le temps de leur trouver un foyer.

Comment procédez-vous pour leur trouver un foyer?
J’annonce les chats à adopter sur la page Facebook «Po». Nous sommes une jeune fondation, mais nous avons déjà un comité d’éthique qui a établi des critères de sélection. Par exemple, je m’assure que la personne ait à cœur le bien-être physique, mais aussi psychologique de l’animal. Je lui fais signer un contrat par lequel elle s’engage à garder l’animal pour toute la durée de sa vie et à ne pas le faire dégriffer.

D’où viennent ces chats?
Certains viennent de la fourrière ou de la SPA. Il y a des organismes qui reçoivent des animaux, mais ils sont insuffisants, et lorsqu’un animal n’est pas adopté, il est euthanasié. Il y a à peu près 400 000 chats errants à Montréal.

À quoi servent les fonds que vous amassez?
Surtout à payer les frais de vétérinaire. J’aimerais ramasser assez de dons pour pouvoir aider les gens à soigner leur animal. Ça devrait être une responsabilité collective de s’occuper des animaux quand ils sont malades. Parfois, la facture peut monter dans les quatre chiffres. Quand Po était malade, j’ai amassé des fonds en vendant des macarons et des t-shirts sérigraphiés. De plus, je veux faire de l’éducation populaire sur le traitement éthique des animaux sur mon blogue FondationPo.com

Trouvez-vous qu’on maltraite nos animaux?
Au Québec, on a un drôle de rapport aux animaux. Ils sont considérés tantôt comme un bien meuble, tantôt comme un membre de la famille. Et beaucoup d’appartements les refusent. En fait, le concept même d’animal de compagnie soulève une question éthique: devrait-on garder des animaux en captivité?

En offrant ainsi refuge à des chats en difficulté, avez-vous peur de devenir une «femme à chats»?
Je sais qu’il y a un risque d’attachement. Mon vétérinaire m’a mise en garde! Jusqu’à maintenant, j’en ai adopté deux, mais je ne veux pas me retrouver avec 40 chats. Je vis dans un 3½, ça limite quand même ma capacité d’accueil.