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Faire sa petite affaire… et ramener la vie au centre-ville

L’esprit d’une ville tient à plein de petites choses. Pas uniquement de projets d’envergure, n’en déplaise aux politiciens qui sont généralement portés sur les délires mégalomaniaques.

Allez vous promener n’importe où dans le monde et quand vous reviendrez chez vous, faites l’inventaire de ce que vous aurez retenu de votre voyage. Oui, vous aurez été impressionné par les grosses bébelles et les autres trappes à touristes, mais ce qui vous habitera davantage aura bien souvent été une question de détail.

Prenez l’exemple de New York. J’adore cette ville malgré toute la démesure économique qui vient avec et qui donne parfois mal au cour. Dans cet immense cirque, on retrouve là une multitude de petits commerçants qui réussissent à tirer leur épingle du jeu et qui donnent une chaleur unique à l’endroit. Ils sont là sur les coins de rue, très tôt le matin, à offrir des fruits, des brioches et du café. Plus tard, ce sont des vendeurs de hot-dogs, de noix et de bretzels qui les remplacent. Tout à côté, il y a ceux qui regardent passer la vie des autres à travers la lucarne de leur stand à journaux. Chaque fois que je reviens à Montréal, ces marchands me manquent énormément.  

Je me demande toujours pourquoi on n’encourage pas ce genre de commerces ici au moins pendant les belles saisons. Des années après avoir fait le grand ménage des trottoirs du centre-ville, il serait peut-être le temps d’y ramener un peu de vie. Le petit commerce a ça de bon qu’il humanise automatiquement des secteurs où on ne prend guère le temps de s’arrêter. Et en plus, il crée de l’emploi qui ne nécessite pas de compétence particulière.

On pourrait même étendre l’idée aux «squeegees». Plutôt que les voir bondir sur nos pare-brise à chaque feu de circulation, ça serait peut-être mieux de leur faire vendre de l’eau embouteillée dans le cadre d’un projet qui, en plus de leur fournir des revenus, pourrait au moins donner à ces jeunes un certain sentiment d’utilité. Et qui sait, lors des jours de grande canicule, on pourrait être un peu moins tenté de les regarder de haut.  

Puisqu’ils sont déjà là sur le trottoir, ça changerait quoi?

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