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Stade Saputo et Stade olympique: question de perception

Pour le Montréalais moyen, l’ouverture du Stade Saputo tient du fantasme, rien de moins. Imaginez un beau petit stade intime à ciel ouvert, avec du vrai gazon, et pour lequel on n’aura pas déboursé une vieille cenne! Un rêve, je vous dis!

Faut dire qu’on avait été échaudés par le Stade olympique, son gros voisin. Trente ans de taxes «boucanées» pour couvrir les coûts initiaux… Et une maudite facture qui n’en finira jamais de grimper parce qu’il y aura toujours quelque chose à réparer. Ben oui, trente ans, pour un stade, c’est vieux. Quand ils atteignent cet âge-là, aux États-Unis, on les démolit pour en construire des nouveaux.

On n’aura finalement aimé le Stade olympique qu’au moment où on l’a montré en maquette pour la première fois. Sur la planche, il y avait un petit bidule immaculé aux allures futuristes qui semblait sortir tout droit de Star Trek. Au-dessus de la maquette, le maire Drapeau était triomphant. C’était juste après l’Expo 67 et la construction du métro.

Mais c’était aussi juste avant le dépassement hallucinant des coûts et les abus des entrepreneurs et des syndicats impliqués dans la construction du monstre. Finalement, ce n’est peut-être pas le Stade olympique qu’on déteste mais davantage ce qu’il représente. 

Les Jeux olympiques ont servi de prétexte à la construction du «Gros O». À plus long terme, c’étaient les Expos et une équipe de la Ligue nationale de football qui étaient appelés à l’utiliser de façon régulière. Puisque l’équipe de baseball a foutu le camp depuis et que le projet d’avoir une équipe de football américain ne s’est jamais concrétisé, on se retrouve aujourd’hui avec un gros bol de béton vide qu’on transforme en «pit» de sable une fois de temps en temps pour des soirées de Monster Trucks. Pour 1 G$, c’est absolument désolant, vous en conviendrez.

Les principaux détracteurs du Stade olympique ont toujours dit qu’on l’avait construit beaucoup trop à l’est. Paradoxalement, sur le même terrain, on trouve que le Stade Saputo est donc bien situé et facile d’accès par le métro. C’est comme ça quand on hait quelque chose viscéralement : les attributs de l’un deviennent souvent les défauts de l’autre…

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