Bernard Landry : comme un sage
Bernard Landry aime toujours se faire entendre. On l’a constaté une fois de plus la semaine dernière quand, avec ses ex-collègues péquistes Lisée et Facal, il a réclamé un moratoire sur la réforme de l’éducation, allant ainsi à l’encontre des désirs de la chef du PQ, Pauline Marois. Ce faisant, Landry devinait sûrement qu’il allait provoquer une fois de plus des secousses au sein de ce parti, un parti qu’il semble encore incapable de quitter pour de bon. En même temps, on le sait tous très bien, la chicane est au PQ ce que le savon est à la débarbouillette, alors pourquoi s’en faire avec ce simple détail?
D’ailleurs, c’est Landry lui-même qui l’a confirmé, quand il a pris la parole sur cette question délicate, c’était avant tout en tant que grand-père et professeur d’université faisant partie de l’élite intellectuelle, et surtout pas en tant qu’ex-membre de ce gouvernement qui a justement implanté cette même réforme scolaire en 1997. Ce recul est à la fois tout aussi légitime qu’admirable, nous en convenons.
Dans le même ordre d’idées, qui serions-nous pour empêcher cet homme de vouloir réparer ce que plusieurs reconnaissent aujourd’hui être une erreur magistrale? Je vous pose franchement la question.
Dans sa tête, le citoyen Landry joue désormais ni plus ni moins le rôle de vieux sage. Une sorte de papy qui se berce bien tranquillement dans son coin et qui est là pour montrer la voie à ceux qui ont gaffé ou alors pour protéger ceux qui sont sur le point de se casser la gueule. De plus, il a bien pris la peine de le souligner, ce n’est jamais lui qui s’impose publiquement, mais bien ces journalistes qui l’interpellent constamment pour savoir quoi penser. Homme de devoir, il ne se donne pas d’autres alternatives que de répondre avec sérénité. Le seul problème avec Bernard Landry, c’est qu’on sent toujours beaucoup plus d’amertume que d’objectivité dans ses propos…
La prochaine fois qu’il parlera, à l’insistance des méchants journalistes évidemment, on portera une attention particulière à ce que racontera Bernard Landry. On verra alors si Papy est un bon vieux plein d’allure… ou alors un vieux malcommode qui n’en finit plus de faire suer son entourage.