Soutenez

Maire à la loupe

Que demande-t-on à un candidat qui brigue la mairie de Montréal? De veiller à ce que sa ville soit propre été comme hiver? À ce que les usagers de son territoire puissent circuler aisément et que les artères commerciales bourdonnent d’activité? Que l’indice de bonheur de ses concitoyens tape le max? Oui, tout ceci est bien sûr au feuilleton de chacun, mais ce que l’on demande désormais à nos «cheufs», c’est d’avoir de la vision. Demandez aux différents leaders de la scène municipale, ce souhait figure toujours très haut sur leur liste d’épicerie. Comprenons-nous bien par exemple, ce qu’ils réclament, c’est de la vision qui fait seulement voir grand.

On en appelle souvent à la mémoire du maire Drapeau, «le» modèle du parfait visionnaire. Avec tout le respect que l’on porte ici au défunt Roi de la cité, on doit rappeler que plusieurs de ses grands projets n’ont pas nécessairement abouti là où il l’avait initialement souhaité. Par exemple, l’Expo 67 était là pour durer. On oublie généralement le lamentable échec de Terre des Hommes de 1968 à 1970. Faut-il revenir sur la construction du Stade olympique? Ce projet reposait en grande partie sur la présence obligatoire – et à court terme – d’un club de football de la NFL en plus d’un club du baseball majeur. On attend toujours le premier et le second est parti pour de bon. L’idée derrière l’emplacement géographique du gros bol était de favoriser le développement de l’est. Résultat : des vieux commerces du coin ont fermé leurs portes. Si l’intention avait été louable, au bout du compte, le résultat aura été décevant…

Et alors, que dire du métro? Il est toujours erronément attribué à Drapeau. C’est plutôt Lucien Saulnier, alors président de la CUM, qui avait poussé ce projet. M. le maire, qui préférait un monorail aérien, s’était même longtemps opposé avec vigueur au train souterrain.

Avoir de la vision, c’est aussi voir juste en investissant dans le durable, même si ça provoque moins de flamboyance. Et surtout,  c’est éviter de basculer dans le jovialisme aveugle. Voir juste, ça pourrait même vouloir dire voir «moyen» et, pourquoi pas, voir «petit». Je préfère 100 fois plus un gestionnaire réaliste à la vision ajustée plutôt qu’un mégalomane qui contemple l’avenir à travers une loupe.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.