Soutenez

Les passeurs de savoir

Même si je suis sorti de l’école depuis plus de 20 ans, c’est plus fort que moi, je me sens toujours appelé par l’appel de la cloche. Paradoxalement, plus je me suis éloigné de la classe, plus je me suis intéressé à la chose académique. La transmission du savoir devrait d’ailleurs toujours trôner au sommet de nos priorités collectives. Pourtant, s’il existe un secteur où l’on passe un temps fou à tout foutre en l’air, c’est bien dans le milieu de l’éducation.

J’éprouve une admiration sans réserve pour les enseignants. Malheureusement, on entend surtout parler de ceux et celles qui sautent une coche et qui ont envie de tout sacrer là. Ils sont nombreux et nous devons nous en préoccuper. De mon côté, j’imagine que j’ai été plus chanceux et j’ai surtout eu affaire à des passionnés qui prenaient toujours leur tâche à cour. Dans une société, on appelle ça des piliers. Quand un peuple entretient adéquatement ses fondations, il ne craint généralement pas pour son avenir ni pour sa capacité de mener des projets à terme. Je dis ça de même…

Pour une raison qui m’échappe totalement, on a retiré aux enseignants l’estime et le respect qui devrait leur être acquis d’office. Le phénomène frappe d’ailleurs l’Occident au grand complet. Pourquoi? Je n’en sais rien. Faudrait s’y attarder davantage. Genre tout de suite.

Pour leur plus grand malheur, les profs ont souvent à se démerder avec un système farci de recommencements tout aussi frustrants que stériles. Pris entre une machine enrayée et des parents qui sont pris ailleurs, ils sont souvent laissés à eux-mêmes dans l’oil du cyclone. Alors qu’on devrait les appuyer inconditionnellement dans leur mission, on se contente de leur remettre sur le nez leurs maudits deux mois de vacances et les failles de leur formation universitaire. Quand on méprise un passeur de connaissances, c’est bien plus qu’un enseignant qui est désavoué. C’est la notion même du savoir qui est banalisée.

Nous avons besoin de professeurs enthousiastes. Un enthousiasme qui sera contagieux et qui stimulera les adultes de demain. Sans l’appui de la population, tous les efforts des travailleurs de l’éducation resteront vains. L’équilibre d’une société est une responsabilité dont personne n’a le droit de se défiler. Redonnons aux enseignants ce qui leur revient, le reste va suivre, vous allez voir…

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.