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Jamais trop prudent…

Je me demande bien ce que Pierre Bourgault aurait pensé de la polémique linguistique qui pollue la fête nationale cette année? Cet être aussi brillant qu’imprévisible – et qu’est-ce qu’il était brillant – nous aurait peut-être étonnés avec son analyse du problème. Si je m’interdis de présumer de sa réaction, je suis néanmoins certain qu’il aurait franchement rigolé en voyant Gilles Rhéaume, le porte-parole de l’Association des descendants des Patriotes (!), s’inquiéter des débordements possibles de la part de certaines têtes chaudes lors du spectacle au parc Pélican de Rosemont ce soir.

Pourquoi se serait-il amusé? Vous auriez dû l’entendre raconter qu’il avait utilisé le même stratagème en 1963 pour mettre tout le monde sur le nerf lors de la visite de la reine Elizabeth II à Québec. Quand des journalistes étrangers lui demandaient si la vie de Sa Majesté serait mise en danger si elle descendait dans la Vieille Capitale, Bourgault répondait invariablement «oui, ça sera très dangereux pour elle.» Et questionné par la police qui lui demandait ce qu’il entendait faire lors de la grande visite, sa réponse avait été : «Moi? Rien. Mais on ne sait jamais, un fou…»

Bourgault était hilare quand il se rappelait qu’au jour du défilé fatidique, le cortège royal était passé en trombe, encadré par deux rangs de policiers et de militaires qui lui tournaient le dos. Ils étaient tous occupés à chercher «le fou» qui aurait pu se glisser parmi les manifestants qui, finalement, s’étaient contentés de crier des slogans. 

D’où qu’il soit dans le monde des morts, j’imagine Pierre Bourgault en train de se taper sur les cuisses. Soit parce qu’il trouve la stratégie toujours aussi comique, soit parce qu’il n’en revient pas de voir qu’après toutes ces années, il en reste encore qui sont prêts à marcher dans des chantages du genre…

Allez, bonne fête. Peu importe vos origines, amusez-vous dans votre langue. Parce qu’ici, si c’est chez nous, ça demeure aussi chez vous!

???

Parlant de farce, j’ai bien ri quand certains ont prétendu que l’achat des Canadiens par Molson était une nouvelle manifestation de la domination de l’Establishment anglophone. Voyez-vous, moi, j’ai beaucoup de difficulté à voir un dominé quand je regarde Pierre Karl Péladeau… Souhaitons-nous maintenant de le voir ressusciter les Nordiques. Et en avant la chicane!

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