Québec solidaire critique la «religion du déficit zéro»
À quelques jours du dépôt du budget, Québec solidaire (QS) a invité Raymond Bachand à cesser de faire payer aux classes moyennes le prix de l’équilibre budgétaire.
Le parti a affirmé dimanche qu’il jugera le prochain budget du gouvernement en fonction de ce qui sera prévu pour les services publics et de la façon dont il compte les financer.
«Les tarifs et la taxation des individus explosent alors que dans les 15 dernières années, on a accordé 10 G$ en baisse d’impôts aux entreprises et aux citoyens les plus fortunés», a déclaré le co-porte-parole de Québec solidaire, Amir Khadir.
«Il y a mille et une façons d’aller chercher de l’argent sans couper les services publics et sans taxer davantage la classe moyenne, a indiqué Françoise David, co-porte-parole du parti. Par exemple, avec des redevances sur la valeur des minerais extraits […] et non pas sur des redevances sur les profits qui sont souvent déclarées ailleurs qu’au Québec. On pourrait aussi imaginer un Québec propriétaire d’au moins une partie de l’exploitation minière.»
Depuis 2010, QS a rencontré M. Bachand à deux reprises pour discuter de différentes solutions pour aller chercher de 5 G$. «Quand on va le voir, il n’a pas d’argument à apposer […] c’est juste un choix idéologique, a plaidé M. Khadir. Et malheureusement le choix idéologique de ce gouvernement c’est au détriment du 99% et faire plaisir au 1% [de la population].»
M. Khadir et Mme David ont également invité M. Bachand à abandonner la hausse des droits de scolarité et à abolir la taxe santé, qualifiées de «politiques destructrices».
Pour aller chercher de l’argent dans le domaine de santé, QS suggère de prendre exemple sur la Nouvelle-Zélande et l’Ontario et d’appliquer une politique d’achat groupé de médicaments par les hôpitaux. «C’est des réductions substantielles de 1, 7 $ à 2,2 G$ ce qui dépasse largement ce qu’il va chercher par la taxe santé», a ajouté le député.
«Sans tout changer, on peut aller chercher 5 G$, imaginez combien on irait chercher si on se décidait à faire quelques changements plus structurants comme une économie plus verte ou la propriété d’un certain nombre de ressources minières», a poursuivi Mme David.