50 ans de design au Québec et encore du chemin à faire
Une table de chevet, une robe, une voiture, une page web …tout est design. Abuse-t-on du mot? Et sait-on au moins ce qu’il signifie?
La Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) et l’Université du Québec à Montréal (UQAM) retracent, lundi soir, 50 années de design au Québec. Métro en a profité pour s’entretenir avec Frédéric Metz, communicateur et professeur à l’École de design de l’UQAM, qui tiendra une conférence sur le sujet. Il sera accompagné de Sylvie Berkowicz, journaliste spécialisée en design.
Qu’est-ce que le design?
C’est plus complexe qu’on pense. C’est une attitude de vie, une philosophie. C’est beaucoup plus que l’esthétisme. Un design vise avant tout la fonctionnalité. Il y a une quinzaine de sortes de design. Le design de l’environnement, d’un objet, du transport, graphique, multimédia.
Comment le design a-t-il évolué au Québec?
Le mot design a été inscrit dans le dictionnaire pour la première fois en 1965. C’est très jeune comme philosophie. Et bizarrement, on utilise aujourd’hui ce terme à toutes les sauces et de façon erronée, en adjectif, en adverbe, en verbe. C’est rendu qu’un colibri peut être design.
Et qu’est-ce qu’un bon design?
La première chose est que ça doit passer le temps. Viennent ensuite la fonctionnalité puis l’esthétisme.
A-t-on des exemples de beaux designs à Montréal?
On a une chance inouïe d’avoir le plus beau parc, en plein centre-ville, le mont Royal. Il a été pensé et c’est un beau geste de design urbain. Sinon, la Ville est plutôt pauvre. Il y a de beaux restaurants, bien dessinés à l’intérieur, mais ce n’est pas à se mettre le cul par terre. On en trouve dans tous les restaurants du monde.
Du côté des objets, il y a quelques bons coups comme le BIXI ou Angel Care [un moniteur pour bébé].
Manque-t-on d’audace?
Comme beaucoup de jeunes pays, les premiers colons ont dû défricher, s’occuper de vivre et de manger et la culture a pris le bord. On commence maintenant à comprendre l’importance de la culture. Plus on est cultivé, plus on comprendra le design, l’art et la musique.
Est-ce que les Nord-Américains protègent bien leur patrimoine?
Il y a toujours des gens qui veulent profiter de l’appât du gain et qui détruisent des pièces historiques. Le meilleur exemple est le restaurant Ben’s qui a été détruit pour être remplacé par une tour infâme avec un restaurant infâme. Il aurait été facile de conserver cette relique des années 1950, car on en a très peu.
D’autres part, il y a des groupements comme Héritage Montréal, qui essayent de sauver tout ce qu’ils peuvent. Mais c’est triste de devoir se bagarrer.
50 ans design
Cette conférence fait partie d’une série de 10 faisant état des avancées culturelles québécoises depuis 50 ans. L’événement vise à souligner le 50e anniversaire du ministère de la Culture du Québec, créé en avril 1961.