Justin Trudeau écarte toute coalition avec le NPD
AJAX, Ont. — Le chef libéral, Justin Trudeau, a catégoriquement rejeté, lundi, toute idée de gouvernement de coalition avec les néo-démocrates dans le but d’empêcher les conservateurs de former éventuellement un gouvernement minoritaire après le scrutin du 19 octobre.
«Je ne crois pas aux coalitions formelles», a-t-il rappelé alors qu’il faisait campagne dans la grande région de Toronto. «Le Parti libéral est, bien sûr — comme il l’a toujours été —, ouvert à collaborer avec les autres partis à la Chambre des communes afin d’adopter les bonnes lois qui aideront les Canadiens.»
Mais reprenant un thème cher de sa campagne — réduire le fardeau fiscal de la classe moyenne —, M. Trudeau a expliqué qu’il ne voudrait pas partager le pouvoir avec Thomas Mulcair parce que le NPD n’a pas de plan en matière économique. «Je ne crois pas à ces ententes conclues en coulisses par les chefs (…) J’estime que les Canadiens devraient pouvoir contempler tout le spectre des choix qui s’offrent à eux, afin d’élire l’équipe qui présente le meilleur plan», a-t-il indiqué à Ajax, dans la grande région de Toronto.
Le chef libéral a aussi rappelé que les néo-démocrates promettent de hausser les impôts des entreprises — une mesure qui se traduirait selon lui par un ralentissement économique — alors que Thomas Mulcair n’aurait pas le courage de hausser les impôts des particuliers les plus riches afin de soulager la classe moyenne, soutient-il.
Les libéraux ont promis d’augmenter les impôts des mieux nantis et de baisser ceux des Canadiens qui gagnent entre 44 000 $ et 89 000$ par année.
M. Trudeau est par ailleurs revenu sur l’«affaire Mike Duffy», accusant son adversaire conservateur Stephen Harper d’insulter l’intelligence des Canadiens en continuant de faire campagne avec des membres de sa garde rapprochée, qui avaient tenté d’étouffer le scandale des dépenses du sénateur déchu. Un tel comportement témoigne, selon lui, d’un manque de respect pour l’institution que constitue le cabinet du premier ministre.
Le chef libéral a exhorté M. Harper de cesser de «faire fi des préoccupations et des questions légitimes» que se posent les Canadiens sur cette affaire, dont les ramifications font l’objet d’un examen attentif dans le cadre du témoignage de Nigel Wright, ancien chef de cabinet du chef conservateur.
Justin Trudeau devait participer lundi soir, au centre-ville de Toronto, à un rassemblement partisan aux côtés de la première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, dont la guerre de mots avec Stephen Harper s’est intensifiée depuis le début de la campagne. M. Trudeau a écarté les questions des journalistes qui lui demandaient si la présence de Mme Wynne ne pourrait pas nuire à sa campagne — le gouvernement libéral de l’Ontario fait l’objet de trois enquêtes de la police, et il a mis de l’avant des politiques controversées, dont la vente d’une partie d’Hydro One.