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Deltell a «toujours détesté le NPD» pour son attitude

OTTAWA — La virulence des attaques monte d’un cran du côté de Gérard Deltell, qui a employé des mots très durs pour réagir à une raillerie de son adversaire du Nouveau Parti démocratique (NPD).

Dans un message publié mardi matin sur sa page Facebook, le candidat conservateur dans Louis-Saint-Laurent écrit qu’il a «toujours détesté le NPD» pour «son attitude hautaine et prétentieuse à l’endroit des initiatives populaires et, bien sûr, envers nos forces armées canadiennes».

Il réagissait à une boutade de son rival néo-démocrate G. Daniel Caron, qui a lancé en entrevue au quotidien Le Soleil que M. Deltell tenait les électeurs de la circonscription pour acquis simplement parce qu’il a «changé le nom d’un bout de boulevard».

L’ancien député caquiste y a vu une façon de minimiser son combat pour le changement de dénomination de l’autoroute Henri-IV pour la Route de la Bravoure et accusé son opposant de faire preuve non seulement de «condescendance», mais bien d’«arrogance».

Il écrit dans la même publication que «si, pour le NPD, la Route de la Bravoure n’est « qu’un bout de boulevard », pour moi, c’est le témoignage de la reconnaissance de toute une région pour celles et ceux qui défendent, aujourd’hui comme hier, nos libertés et notre démocratie».

La lutte promet d’être serrée dans cette circonscription de Québec entre Gérard Deltell et G. Daniel Caron, un ancien ambassadeur du Canada en Ukraine qui a décidé de se présenter sous la bannière du NPD.

Le candidat néo-démocrate a soutenu mardi ne pas avoir l’intention de faire de la surenchère en répliquant aux propos vitrioliques de son adversaire, et se défend bien d’avoir cherché à minimiser la réalisation «symbolique» de M. Deltell.

«Je n’ai pas l’intention de jouer aux insultes et à lancer des noms. La cour d’école, je l’ai fait quand j’étais jeune, et je ne me lance pas en politique pour jouer dans la cour d’école», a résumé M. Caron en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne.

L’attaque frontale de M. Deltell s’ajoute à celle menée la semaine dernière par Denis Lebel, lieutenant québécois du chef conservateur Stephen Harper, qui a accusé le chef néo-démocrate Thomas Mulcair d’être un «vire-capot» et un «imposteur dénué de principe».

«Ce n’est pas un niveau auquel je m’attendais. Je m’attendais à parler des faits, parler des politiques», a soutenu l’ex-diplomate, selon qui les conservateurs ont délaissé tant les militaires actifs que les anciens combattants.

«Bien sûr, les symboles (comme la nouvelle dénomination autoroutière) sont importants, bien sûr, la reconnaissance est importante, a-t-il insisté. Mais il faut que cela se traduise en actions et en décisions concrètes de notre gouvernement, et c’est ce que le NPD s’engage à faire.»

Aux dernières élections de mai 2011, la néo-démocrate Alexandrine Latendresse avait causé la surprise dans Louis-Saint-Laurent en délogeant la députée sortante, la conservatrice Josée Verner, avec un peu plus de deux pour cent d’avance.

Mme Latendresse a fait le choix personnel de ne pas briguer un second mandat. Quant à Mme Verner, qui a récemment révélé être atteinte d’un cancer, elle avait été nommée sénatrice par Stephen Harper dans la foulée de sa défaite.

Aux déclarations de MM. Lebel et Deltell se sont ajoutées celles du candidat conservateur dans Joliette, Soheil Eid, qui a établi un parallèle entre le prétendu «double discours» de Thomas Mulcair sur le projet d’oléoduc Énergie Est et la propagande nazie sur Facebook.

Face à une telle escalade de la rhétorique, les néo-démocrates ont demandé mardi à M. Harper de rappeler à l’ordre son lieutenant québécois, qu’ils estiment «directement responsable de cette situation» en raison de sa «surenchère de propos démagogues».

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