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Trudeau attend une réponse à son invitation

MISSISSAUGA, Ont. — Le chef libéral Justin Trudeau espère une réponse rapide à l’invitation qu’il a lancée à trois de ses rivaux en campagne électorale.

M. Trudeau voudrait organiser une rencontre des quatre chefs des partis nationaux — le sien, le Parti conservateur, le NPD et le Parti vert — pour discuter de la crise des réfugiés syriens.

Lors d’un arrêt à Mississauga, lundi matin, en Ontario, M. Trudeau a souligné que des provinces étaient prêtes à passer à l’action tout de suite et que devant la gravité de la crise, le Canada ne pouvait pas attendre l’élection d’un nouveau gouvernement, le 19 octobre, pour agir.

Le chef libéral propose une rencontre de travail qui mettrait de côté la partisanerie.

Thomas Mulcair a été le premier à répondre à l’invitation, lundi. Il a dit qu’il était bien prêt à participer à pareille rencontre mais que rien ne pouvait se faire sans Stephen Harper, le premier ministre sortant. La semaine dernière, M. Harper a indiqué très clairement qu’il ne voulait rien changer à sa politique d’accueil de réfugiés syriens au Canada.

Confiant pour les syndicats

Justin Trudeau a par ailleurs affirmé que les six semaines restantes de la campagne électorale seraient suffisantes pour séduire les électeurs syndiqués, même si les chefs syndicaux préfèrent pour l’heure le Nouveau Parti démocratique (NPD).

Les plus grands syndicats du pays sont en pleine opération pour convaincre leurs membres de voter stratégiquement dans certaines circonscriptions pour chasser les conservateurs et empêcher M. Harper d’obtenir un nouveau mandat. En Ontario, Unifor presse ses membres de voter pour les députés sortants du NPD et de voter stratégiquement dans d’autres circonscriptions où la lutte est serrée, alors qu’au Québec, la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) prévoit également aider tout candidat qui a le potentiel de défaire les conservateurs.

M. Trudeau a semblé écarter l’idée que les travailleurs syndiqués ne voteraient pas pour les libéraux, laissant entendre que ces électeurs seraient convaincus par son plan pour les Canadiens de la classe moyenne.

La longueur exceptionnelle de cette campagne donne aux électeurs plus de temps pour réviser les politiques que propose chaque parti, a-t-il indiqué, ajoutant être confiant que les travailleurs syndiqués verraient les avantages de son programme.

De leur côté, les conservateurs ont choqué les chefs syndicaux du pays dans les dernières années avec deux projets de loi: l’un qui complique le processus de certification d’un syndicat, et l’autre qui impose aux syndicats de publier des rapports financiers, une exigence inconstitutionnelle selon plusieurs provinces.

M. Trudeau a promis de rejeter ces deux projets de loi, C-377 et C-525, s’il est élu le 19 octobre.

«Le Parti libéral respecte pleinement les syndicats et le travail qu’ils font et a l’intention de collaborer avec eux pour assurer que les Canadiens aient une vraie chance de réussir», a déclaré M. Trudeau.

Le chef libéral faisait ces commentaires alors que les chefs syndicaux et leurs membres se préparaient au plus grand défilé de la fête du Travail au pays, à Toronto. M. Trudeau n’y prenait pas part, embarquant plutôt dans son avion de campagne, qu’il a présenté lundi, pour se rendre à l’Île-du-Prince-Édouard.

Dans un discours prononcé avec l’avion en arrière-plan, M. Trudeau a parlé de son «plan en trois points» pour le pays, une version simplifiée d’un programme de dépenses complexe. Il ajouterait des dizaines de milliards de dollars de dépenses, et afficherait des déficits de près de 10 milliards $ par année pour trois ans.

La campagne libérale espère que cette version simplifiée saura convaincre les électeurs dans les prochaines semaines sur le front économique.

M. Trudeau a de nouveau argué que son plan donnerait un élan à l’économie canadienne après cette période de recul qui inclut une récession dans la première moitié de l’année. Il a soutenu que le Canada demeurait en récession, bien qu’on ne le saura officiellement qu’au début novembre — des semaines après le scrutin — lorsque Statistique Canada dévoilera ses prochains indicateurs économiques trimestriels.

M. Trudeau a effectué sa première visite à l’Île-du-Prince-Édouard depuis le début de la campagne. Il y est arrivé, lundi après-midi, accueilli par le premier ministre provincial libéral, Wade MacLauchlan.

Il a par la suite pris la parole devant une foule d’environ 300 partisans lors d’un événement à Summerside, la seule circonscription sur l’île ayant échappé aux libéraux aux dernières élections.

Dans un bref discours aux partisans, M. Trudeau s’est moqué de l’exclusion de deux candidats conservateurs pour des écarts de conduite passés, disant que ce n’était pas surprenant venant d’un parti qui estimait que le sénateur Mike Duffy résidait à l’Île-du-Prince-Édouard.

Le chef libéral prend la route de la Nouvelle-Écosse, et fera campagne, mardi, dans cette province et au Nouveau-Brunswick.

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