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Politique étrangère de Harper: Duceppe d’accord avec Chrétien

Bloc Quebecois Leader Gilles Duceppe speaks at a news conference in Montreal on Wednesday, June 10, 2015. Gilles Duceppe has returned as leader of the Bloc Quebecois and is jumping back into federal politics. THE CANADIAN PRESS/Ryan Remiorz Photo: Ryan Remiorz/The Canadian Press

GATINEAU, Qc — Il n’a pas souvent admis une telle chose, mais Gilles Duceppe confie être d’accord avec Jean Chrétien quand il s’agit du bilan de Stephen Harper sur la scène internationale.

S’il avait été indépendant, le Québec aurait eu la même politique étrangère que celle adoptée par les anciens premiers ministres du Canada, a soutenu le chef bloquiste dimanche. À une exception près: celle de Stephen Harper, qui ternit non seulement l’image du Canada dans le monde, mais aussi celle du Québec, aux yeux de M. Duceppe.

«Un Québec souverain aurait eu sensiblement la même politique étrangère que celle de (Lester B.) Pearson, de (Pierre) Trudeau, de (Joe) Clark, de (Brian) Mulroney et de Jean Chrétien», a-t-il affirmé en point de presse à Gatineau.

Alors que de nombreux pays alliés du Canada font des pieds et des mains pour juguler la crise des réfugiés, Jean Chrétien trouve qu’Ottawa est loin de faire sa part. Dans une lettre ouverte publiée samedi dans plusieurs journaux, l’ancien premier ministre libéral a écrit que c’est avec «un mélange de honte et de tristesse» qu’il observe «la réaction froide et dure» de M. Harper à l’égard des réfugiés syriens et irakiens.

M. Duceppe partage l’avis que son ex-adversaire politique, et il convient qu’un changement majeur s’est opéré dans la politique étrangère du pays depuis que M. Harper est à la tête d’un gouvernement majoritaire.

«Je pense que ça joue au détriment du Canada. Et le Québec écope aussi de cette image projetée à l’extérieur.»

M. Duceppe a toutefois salué l’annonce faite par le gouvernement fédéral samedi d’égaler les dons des Canadiens qui veulent aider les victimes du conflit syrien. Ainsi, d’ici la fin de l’année, Ottawa versera le même montant que celui offert par les citoyens à des organismes admissibles comme le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), jusqu’à concurrence de 100 millions $.

Le chef bloquiste — comme les leaders de tous les partis de l’opposition — aimerait toutefois voir le gouvernement Harper accélérer la cadence pour l’accueil des réfugiés issus de cette région déchirée par la guerre.

«Le 10 000 réfugiés promis pour 2018, on devrait plutôt le faire en quelques mois», a-t-il proposé, citant l’exemple de l’accueil que le Canada avait jadis offert aux migrants du Kosovo. Pour cela, Ottawa doit agir rapidement «en collaborant avec des organismes humanitaires tels que la Croix-Rouge, en envoyant l’armée canadienne, en rencontrant les provinces».

À Stittsville, en Ontario, le premier ministre sortant a répliqué aux attaques de M. Chrétien et de ses autres détracteurs en affirmant que la majorité des Canadiens étaient très fiers de leur pays. «Les données qui sont disponibles sur le plan international indiquent que le Canada est le pays le plus admiré du monde, plus admiré que jamais», a ajouté M. Harper.

Infrastructures

Le chef du Bloc québécois a profité de son passage en Outaouais pour rencontrer le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin. Leur entretien a notamment porté sur les investissements en infrastructures, un poste de dépense que tous les partis de l’opposition promettent d’élargir significativement s’ils formaient le gouvernement le 19 octobre.

M. Duceppe n’est pas en reste et il s’engage à dévoiler son plan en la matière avec la publication de son cadre financier, qu’il doit faire dans les prochains jours, assure-t-il. Il propose que les municipalités paient une part moindre des projets, soit le sixième plutôt que le tiers, et suggère une décentralisation des pouvoirs vers les provinces et les municipalités.

Voilà qui semblait être de la musique aux oreilles du maire Pedneaud-Jobin, qui s’est d’ailleurs réjoui de l’enthousiasme démontré par l’ensemble des partis fédéraux pour les dépenses en infrastructures.

«Selon moi, c’est l’élection fédérale où le discours des partis se rapproche le plus de celui des villes», a-t-il analysé, saluant les propositions bloquistes, néo-démocrates et libérales qui «vont dans l’esprit général de ce que les villes demandent.»

M. Duceppe doit rencontrer lundi le maire de Montréal, Denis Coderre.

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