Art de vivre
18:11 26 septembre 2012 | mise à jour le: 2 octobre 2012 à 09:00 temps de lecture: 3 minutes

La résurrection des stations-service

La résurrection des stations-service

Alors que le nombre de véhicules ne cesse d’augmenter sur nos routes, de plus en plus de stations-service sont ironiquement abandonnées. Est-ce possible de leur offrir une seconde vie?

La problématique est internationale : les stations-service de petite taille luttent continuellement pour survivre dans ce marché ultra-compétitif de la pompe à essence. Selon le Kent Group, une entreprise de recherche gravitant dans l’univers pétrolier, 85 stations-service sont disparues à Mont­réal uniquement au cours des cinq dernières années. La fluctuation du prix du pétrole, les marges de profit minimes et l’emprise des «super stations-service» avec restaurant et lave-auto expliquent majoritairement ces disparitions.

Résultat? Les bâtiments fantômes se multiplient, attirant les graffiteurs et autres vandales.

Pour les promoteurs, récupérer ces stations-service abandonnées demande généralement des investissements considérables. Non seulement ces terrains possèdent-ils une grande valeur marchande avec leur localisation stratégique, mais la décontamination des sols est une étape coûteuse qui en rebute plus d’un.

Et pour ceux qui osent se lancer dans cette aventure, la solution radicale est trop souvent envisagée : détruire la station-service pour la remplacer par un projet immobilier, par exemple. Y a-t-il cependant moyen d’être plus audacieux et créatif?

À Montréal, les exemples de revitalisation de stations-service dignes de mention peuvent se compter sur les doigts d’une main. Le plus marquant est indéniablement celui de la Station-service de L’Île-des-sœurs, conçue par le réputé architecte Mies van der Rohe. Érigée en 1967, cette station-service a mis la clé dans la porte en 2008.

L’édifice aurait facilement pu tomber dans l’oubli malgré son titre de monument historique, mais heureusement, l’espace a repris vie en février dernier, grâce à des fonds publics. Une maison intergénérationnelle a été créée, espace où se côtoient adolescents et personnes âgées à travers diverses activités. Une première à Montréal. Cette conversion n’a pas fait beaucoup de bruit localement, mais a pourtant été citée en exemple un peu partout sur la planète.

Un autre exemple qui a suscité l’attention des architectes se situe dans le quartier Queens, à New York. Destinée à la démolition, une station-service a été brillamment convertie en… pâtisserie! La majorité de la structure a été conservée en y ajoutant une originale ossature métallique extérieure contenant des rouleaux de pâtissier en bois comme élément de décoration. À l’intérieur, les designers ont choisi de maintenir dans leur nouveau décor l’esprit industriel qui régnait auparavant, avec des textures métalliques et des murs briquetés.

Revitalisation avant démolition. C’est une logique qui devrait primer dans une perspective de développement durable pour Montréal.

Pour contacter notre chroniqueur sur Twitter : @macarignan</em>