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Petit bilan de santé de Bitcoin

Petit bilan de santé de Bitcoin
Photo: Getty Images/iStockphotoArchives Métro

Sous sa forme de cryptomonnaie, le bitcoin s’échange actuellement à plus de 8150 $US. Avec ce rebond fulgurant, le BTC se retrouve de nouveau parachuté dans les discussions de Monsieur et Madame Tout-le-monde.

Certains journalistes et économistes n’ont pas tardé à dépoussiérer leur panoplie des termes péjoratifs et réfractaires tels que «bulle», «Ponzi» et «désastre écologique». Le moment se veut alors opportun pour se pencher, avec ce qu’il se doit de curiosité et de stoïcisme, sur l’état de la blockchain Bitcoin.

Car figurez-vous que ce réseau sécurisé est plus largement utilisé qu’on ne le pense, pas seulement par des geeks boutonneux en manque de vitamine D mais par tout un écosystème industriel et une communauté de développeurs.

On en veut pour preuve le récent coup commercial des jumeaux Winklevoss, qui ont réussi à introduire le paiement en bitcoins chez des géants comme Whole Foods d’Amazon, Nordstorm ou Starbucks, à la façon d’un Apple Pay sur téléphone. De quoi déjà conférer au Bitcoin une valeur fondamentale. Sans oublier, toute l’énergie nécessaire à son usage, comme pour l’extraction de l’or soit dit en passant.
Bref, il est possible de réaliser un petit bilan de santé technologique de Bitcoin. Il convient pour cela d’examiner des indicateurs fondamentaux que sont les données transactionnelles du réseau : montants échangés, nombre d’échanges confirmés, tailles de transactions, etc.

Soulignons d’emblée que la valeur moyenne des transactions hebdomadaires sur la plus connue des blockchains s’élève, à l’heure d’écrire ces quelques lignes, à 1,03 milliard $US. D’après le site d’exploration data Blockchain.com, cela représente une hausse de 32% par rapport au même moment le mois passé (758 M$US) et la valeur d’échanges retrouve ainsi le niveau qu’il occupait un an plus tôt.

Pendant ce temps, le nombre de transactions confirmées par jour semble partir à la conquête des sommets atteints lorsque le bitcoin flirtait avec les 20.000 $US. Le 2 mai dernier, les volumes quotidiens ont dessiné un pic à 452 646 transactions, contre le record de 490 644 unités le 14 décembre 2017.

Après un effondrement de plus de 50% en janvier 2018, le nombre d’adresses uniques utilisées sur la chaîne de blocs chaque jour poursuit depuis 5 mois une remontée continue, le volume s’étant installé en mai aux alentours des 570 000 unités.
Tous ces chiffres tendent à démontrer que la tombe de Bitcoin ne semblent pas encore très profonde, même si sa mort a déjà été annoncée plus de 350 fois de la technologie Bitcoin.

Parallèlement, on peut aussi souligner les progrès enregistrés par la mise à l’échelle de la blockchain, sa scalability comme disent nos voisins anglophones.

En mai, près de 4 transactions sur dix sont des SegWit (Segregated Witness). Il s’agit d’une infrastructure protocolaire mise au point pour retirer certaines informations de signature des transactions afin d’en augmenter la performance.

Cette variante du langage de Bitcoin sert en plus de support technique au Lightning Network, une autre solution de mise à l’échelle permettant de réduire significativement les coûts de transaction.

Le Lightning fonctionne comme une seconde couche de protocole pour le paiement sur Bitcoin. De plus petites transactions sont ainsi effectuées au niveau du Lightning avant d’être réglées et inscrites dans la blockchain principale.

Actuellement, environ 4.300 «serveurs» de Lightning sont actifs, comme on peut le constater sur le site Bitcoin Visuals, ce qui représente le double de leur nombre fin 2018.

En synthèse, si toutes ces caractéristiques techniques ne plaident pas en faveur d’une adoption incontestable de Bitcoin (ce n’est pas le but), elles reflètent en tout cas l’évolution d’une relativement jeune technologie et sa capacité à s’adapter à une charge de travail significativement accrue tout en optimalisant ses performances. Et ce, jusqu’à l’obsolescence de Bitcoin et son éviction par une meilleure solution…

 

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