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Dominic Lacroix: «Je ne cherche pas à faire pitié»

Dominic Lacroix: «Je ne cherche pas à faire pitié»
Dominic Lacroix

Décrypto a recueilli le témoignage de Dominic Lacroix, le «présumé coupable» de fraude financière que les gendarmes boursiers canadiens et américain n’ont toujours pas condamné. Que vit-il ? Comment le vit-il ? L’entrepreneur québécois derrière la polémique cryptomonnaie Plexcoin porte de lourdes accusations à l’encontre d’un système judiciaire qui l’«asphyxie de façon malhonnête».

«Il faut comprendre que je ne cherche pas à faire pitié. Il faut réagir avant que l’AMF passe le rouleau compresseur et que je ne puisse plus me défendre, effaçant toutes leurs inconduites et leur malhonnêteté du dossier», remet en contexte Dominic Lacroix.

L’entrepreneur québécois, connu pour ses démêlés avec la justice au sujet de la cryptomonnaie Plexcoin qu’il a inventée, se remémore des perquisitions «extrêmement agressives, traumatisantes et complètement illégales» menées simultanément à son bureau et à sa résidence par l’AMF.

«Mes 40 employés à l’époque, dont certaines étaient enceintes, ont été séquestrés dans notre salle de conférence pendant des heures. L’AMF a procédé à des interrogatoires sur place sans que les personnes ne puissent être accompagnés d’un avocat», déplore Dominic Lacroix.

Certains membres du personnel sortaient en pleurs des interrogatoires, après avoir été menacés de se retrouver en prison. Une séance de torture manifeste.

Bourreau d’autorité

«Deux enquêteurs se sont même présentés à la résidence d’un de mes employés en lui disant que je l’avais licencié. Ce qui était complètement faux et uniquement destiné à le retourner contre moi pour lui soutirer de l’information», se souvient l’entrepreneur.

Dominic Lacroix estime avoir subi plus de 100 visites de huissier. Un nombre dans lequel il voit une manœuvre de déstabilisation flagrante.

«Bon nombre de ces huissiers ont reçu l’ordre de se présenter à mon domicile à des dates précises. Comme par exemple avant Noël, avant la Saint‐Valentin ou même Pâques, le vendredi avant les week‐ends de trois jours. Pour ceux qui n’ont jamais reçu de visite de huissier, je vous assure que c’est une expérience très stressante. Ce sont des techniques d’intimidation et d’humiliation», assure-t-il sur le ton de la victime.

Un autre exemple troublant a eu lieu en été 2018. Sur requête de la police, Dominic Lacroix se présente au commissariat suite à une plainte d’entrave à une enquête déposée par l’AMF. Il y passera la nuit, derrière les barreaux, et les enquêteurs ne l’interrogeront que le lendemain.

«Ils ont saisi mon passeport et m’ont dit que je n’avais pas le droit de sortir de la ville de Québec jusqu’à ce que l’investigation soit terminée.

Et bien l’enquête s’est terminée 3 mois plus tard sans aucune accusation. Mais je n’ai reçu mon passeport que 6 mois plus tard», indique l’homme d’affaires.

Médias harcelants

Le créateur du Plexcoin accuse également la presse de servir le pouvoir plutôt que de le contrebalancer. Il fait remarquer que chaque fois qu’il devait se présenter devant un juge, des médias importants au Québec diffusaient des fuites organisées par l’Autorité des marchés financiers.

«Des articles avec des titres accrocheurs, mais complètement faux pour retourner le jugement de la population contre moi et miner mon moral. Les titres m’appelaient le fraudeur ou me disaient recherché par la police. Or, je n’ai jamais été accusé et encore moins déclaré coupable», nuance Dominic Lacroix, qui n’a aucun moyen de poursuivre ces médias pour diffamation.

À cela s’ajoute la fâcheuse tendance qu’ont eu certains journalistes à illustrer leurs articles avec une photo de la résidence de Dominic Lacroix et à préciser l’adresse de celle‐ci. De quoi générer un pèlerinage de curieux autour de la maison du créateur du Plexcoin, qui a parallèlement reçu des menaces de mort et a vu son habitation vandalisée.

 

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