Soutenez

Le prénom: qu’y a-t-il dans un nom?

Photo: Maxime Côté

La version québécoise de la pièce Le prénom a bien fait rigoler le public réuni au Monument-National mardi soir.

«Qu’y a-t-il dans un nom?» Cette question de Juliette Capulet trouve réponse avec la pièce Le prénom, d’Alexandre de la Patelliere et Matthieu Delaporte, adaptée pour le Québec dans le cadre du festival Juste pour rire.

Mis en scène par Serge Denoncourt, Le prénom nous ouvre la porte d’un appartement outremontais, où un couple de professeurs (Christian Bégin et Isabelle Vincent) reçoit à souper le frère de cette dernière (Patrice Robitaille), la mère de son enfant à venir (Catherine-Anne Toupin) et un ami de longue date (Gabriel Sabourin). Lorsque le futur papa, homme riche au caractère arrogant, révèle à ses amis le prénom qu’il compte donner à son enfant – on ne vous vendra pas le punch! –, la dispute commence… et l’escalade des répliques incisives et des révélations-chocs s’enclenche.

Un peu dans la veine du Dieu du carnage, de Yasmina Reza – un huis clos où les couches de vernis de la bienséance craquent les unes après les autres chez des adultes de bonne famille – Le prénom n’atteint pas le même niveau d’humour extrêmement noir et fielleux, mais est néanmoins fort bien écrit et d’un très grand naturel. À ce titre, il faut saluer le travail de Maryse Warda, qui a su adapter les références de la pièce française à la culture québécoise sans que celles-ci n’aient l’air trop plaquées. Le côté un peu criard et la réaction très viscérale à «la» raison pour laquelle la dispute éclate rappellent par contre que le texte original vient de France, sans néanmoins que cela n’entache le réalisme de l’histoire.

On ne peut pas non plus passer à côté du jeu des comédiens, que Serge Denoncourt a très bien choisis. Patrice Robitaille en «baveux» provocateur, Christian Bégin en intello grandiloquent, Gabriel Sabourin en timide à la sexualité ambiguë, Isabelle Vincent en épouse excédée par l’attitude de son mari, et Catherine-Anne Toupin en femme un peu superficielle au caractère bouillant; chacun d’entre eux brille de mille feux dans un rôle qui leur va comme un gant, dans cette pièce qui repose beaucoup sur la performance des comédiens.

Pour le reste, Serge Denoncourt a choisi une mise en scène sobre, un seul décor et une narration habilement emmenée, jusqu’à une finale qu’on ne voit pas venir. Sans faire rire aux éclats, la pièce comporte cependant de nombreux moments savoureux et des répliques qui nous font retenir notre souffle et dire : «Ah oui… ils ont osé!»

Le prénom
Au Monument-National

Jusqu’au 28 juillet

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.